• Face à face,

    Face à face, Seuls au milieu du monde, au milieu de leur vie, à part. Un pas de côté, un pas, un regard. Ils se croisent et se détournent, reviennent arrière pour reprendre leur route. Un chemin tracé, calculé, prévu. Ils ont des choses à faire. Un regard, un pas. Elle glisse vers lui, il s’écarte d’un bond. Elle se détourne, il l’a rattrape. Elle le cherche, il se cache. Elle l’oublie, il s’embusque derrière elle. A son insu, croit il. Si elle voulait, elle pourrait s’échapper. S’envoler sans laisser de trace. Mais elle ne le veut pas. Elle est bien là, sous l’emprise de son désir. Il tend sa main, elle lui offre la sienne. Quand il cesse de vouloir, elle donne. Un pas en arrière, il la tire vers lui, elle s’enroule comme une liane, il est pris au piège. Il l’a couvre de son bras, l’enserre dans un étau. Elle est prise au piège. C’est une danse. Ce ne sont pas des danseurs. Ils se livrent l’un à l’autre bataille. Entre résistance et soumission, entre contrôle et lâcher prise, entre aimé et aimant.

    Bouche contre bouche, haletants, ils se défient et se dévorent. D’un commun accord ils s’écroulent. Elle se couche sur lui, l’immobilise de ses jambes, croit elle. S’il voulait, il se redresserait, partirait où bon lui semble. Mais il n’en a pas envie. Il veut rester là, au chaud, coincé entre ses cuisses. Elle se caresse la joue sur son torse. Distribue ça et là quelques baisers légers, quelques coups de langues distraits. Il lâche ses fesses, laisse glisser ses hanches entre ses mains pour la laisser descendre. Mais elle s’arrête, se redresse, le coiffe d’un regard sec. Elle se lève pour de bon, il a froid. Il la rattrape avant qu’elle ne s’échappe tout à fait. L’oblige a s’assoir. Elle s’arrime a lui en douceur, contrôle la descente. Il est impatient, elle le fait languir. Mais quand il glisse en elle si voluptueusement, elle cède. Il prend le contrôle, une main sur chaque hanche, il donne la mesure. Il la fixe pour mieux débusquer dans ses yeux le voile de l’abandon. Elle veut soutenir son regard, le défier encore, mais lui céder est délicieux. Elle baisse ses paupières, bascule, se laisse balloter par son rythme à lui.

    Il l’a renverse. La couvre à son tour de son corps chaud et tendu. Elle se dérobe. Il ne la veut pas assez. Elle tente de s’enfuir à quatre pattes. D’une main il l’arrête. Pas assez rapide. Si ! Il l’a veut. Il tire sa jambe d’un coup sec, presque violent. Elle ne cherche pas à se défendre. Elle le sait plus fort. Elle attendra la prochaine ouverture. Jouera la défaite et quand il croira l’avoir vaincu, elle fuira. 
    Pour l’instant il l’a tient à deux mains fermes à la commissure de ses cuisses. Il l’a heurte de tout son désir. Le visage dans les draps, elle étouffe ses cris. Chut ! Il ne doit pas savoir ! Pas à quel point. 
    Mais il sait. Tout son corps parle pour elle. Il la lit à pleine main. 
    Elle tangue, elle chavire, mais ça ne lui suffit pas, il veut plus. Il la veut par delà elle même. Il veut ce qu’elle ne sait pas avoir. Il cherche au fond d’elle la source qui étanchera sa soif. Elle lui donne tout sans jamais se donner. Montres moi ton amour, je te montrerai le mien.

    Photo : Mes séances de lutte, Jacques Doillon


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