• Le petit kiosque en bois noirJe suis tellement impatiente de notre rendez vous que j’ai une demie heure d’avance. Je me lève, m’examine une nouvelle fois dans la glace. Ma robe noire évasée de style rétro, met en valeur la longueur de mes jambes. Je suis chic, ce soir. Je ne sais ce qu’il a prévu, c’est une surprise. Quelque chose dont j’ai envie depuis longtemps, m’a t-il avoué. Je dois me laisser guider, lui faire confiance. Je sursaute, la sonnerie me sort de mes pensées. Je me précipite. Chaque fois que je le vois, c’est comme si je le découvrais. Philippe est gentil, doux, sensuel et ce qu’il est beau ! Je suis surprise par sa tenue qui n’est absolument pas accordée à la mienne, jeans, tshirt, baskets. Tu es magnifique. Me dit il en entrant.

     

    Il me prend dans ses bras. Nous nous embrassons, longuement, doucement, je me laisse subjuguer par son odeur, sa présence virile et subtile. Il plonge ses yeux dans les miens. Je suis nue.

    - Change toi !

    - Quoi ?

    - Oui, changes toi, s’il te plait. Tu es magnifique mais ta tenue n’est pas adaptée. Tu me remercieras tout à l’heure.

    - Mais …

    - Et pas de lingerie, s’il te plait.

    - Pas de … ?

    - Non, répond-il d’un air gourmand, « tu verras ». L’excitation monte instantanément. J’imagine dix scénarios. Je le scrute, mais il reste impassible. J’abandonne, il ne lâchera rien, inutile d’insister. Je lui fais confiance, je sais que je serai comblée.

     

    Nous sortons de la ville rapidement pour rouler dans la campagne. Le paysage aux couleurs d’été défile devant mes yeux : J’ai compris où nous allons.

    C’est un petit kiosque au milieu de nul part. Un vieux kiosque en bois noir au milieu d’une toute petite prairie verte, où nous avons fait l’amour pour la première fois.

    Philippe étale une couverture, dépose en son centre une coupelle de framboises, mon fruit préféré, m’invite à m’assoir. De son sac, il sort une bouteille de vin rouge, nous serre, s’assoit à mes côtés. Nous buvons en picorant, les deux parfums se marient et se renforcent mutuellement. Assis dans notre petit coin secret, blottis l’un contre l’autre, je suis au paradis. Je sais que nous allons faire l’amour tout à l’heure, je sens un doux ronron dans mon ventre. Il relèvera ma robe, découvrant mon con, caressera doucement ma toison. Peut-être jouera t-il a y manger quelques framboises. A cette évocation, je deviens humide. Je cherche ses lèvres, nous nous embrassons. Sa main, sur ma joue glisse sur mon épaule, fait tomber la bretelle et dégage mon sein au téton turgescent. Il mordille délicatement mon cou, le caresse de sa langue, me picore de petits baisers, jusqu’à mon sein, qu’il embrasse goulûment. Je pose mon verre, enfonce mes doigts dans ses cheveux, j’ai envie qu’il me dévore toute entière. Je me renverse. Ma robe n’est plus qu’une bande de tissus enroulée autour de ma taille. Il passe d’un sein à l’autre, les tète, les mordille, les palpe doucement puis vigoureusement. J’écarte mes cuisses, je veux qu’il lape mon liquide qui s’écoule doucement. Il résiste à mes demandes muettes, me fait languir. Je gémis d’impatience. Il s’écarte soudain, me regarde amusé avant de plonger entre mes cuisses. Mais au lieu du grand coup de langue que j’attends, je reçois un petit baiser léger. Je m’arc-boute, me contorsionne pour le trouver, mais il est debout. La forme de son jean ne laisse aucun doute quant à son désir, mais il n’a pas l’air de vouloir le quitter.

    - Debout !

    Je ne comprends pas. Je reste allongée sur le dos, jambes écartées. Il me souri, goguenard devant mon regard incrédule.

    - Lève toi margoton !

    Je me cambre, m’offre sans pudeur.

    - Ne crois pas que je vais tomber dans ton piège. Dépêche toi de te relever que je puisse ranger tout ce bazar. Aller !

    Déçue, je me rhabille pendant qu’il jette toutes nos affaires dans le coffre. Il me lance des coups d’œil, amusé. Je n’aime pas quand il se moque de moi. Je m’installe dans la voiture en boudant.

    - Non, non ! Tu ne montes pas à l’avant. Je le regarde interloquée. Ne discute pas, tu passes à l’arrière. Et quand tu seras installée, tu mettras ça. Me dit-il en me tendant un ruban de satin noir.

    Je lui arrache le ruban des mains.

    - Qu’est ce que tu m’as encore concocté ?

    - Si tu crois que je vais te le dire !

    - Donne moi un indice au moins.

    - N’insiste pas.

    - Aller …

    - Non.

    Je passe à l’arrière il en profite pour me claquer les fesses.

    - Assieds toi au milieu et attache ta ceinture. Écarte un peu tes jambes, bien. Remonte légèrement ta robe. Voilà, tu es parfaite. Fais moi confiance. Ce soir, c’est un de tes fantasmes qui se réalise.

    Je noue sagement le ruban devant mes yeux, la voiture démarre rapidement. En quelques tournant je suis désorientée. Bientôt, la voiture s’arrête.

    - Ne bouge pas, je reviens. La porte se referme doucement et c’est le silence total. Je suis curieuse et excitée comme une enfant. J’entends des pas qui approchent, des éclats de rire masculins. Je ne sais pas si je suis visible de l’extérieur. J’ai un peu peur de croiser des hommes qui voudraient profiter de la situation. Je me crispe, mais les pas me dépassent et s’effacent au loin. J’attends encore, a t-il fini par m’oublier ? Mon cœur bat à tout rompre. S’il m’abandonnait, seule à attendre dans la nuit ? Depuis combien de temps j’attends ? Le bip de l’ouverture centrale des portes interrompt mes élucubrations. Quelle idiote, il est là. Bien sûr qu’il est là ! Les portières arrières s’ouvrent en même temps, je sursaute. Deux présences masculines s’engouffrent, leurs épaules m’écrasant. Je sens leur carrure remplir l’habitacle. Soudain je manque d’air.

    Philippe démarre, met le clignotant et s’engage sur la route. Nous restons silencieux. J’entends leur souffle, je sens leur chaleur, leur parfum. Je les imagine grands et forts. Larges d’épaules, peut être bourrus, velus, primates ; des boxeurs, des voyous qu’il aurait embauchés à la va-vite dans la rue. Non, il les a sans aucun doute choisis avec soin, à l’issu de longs entretiens.

     

    - Camille, tu peux faire connaissance. Ils sont à toi.

    Je soulève mes mains avec lenteur. Je crois que j’ai peur de ce qu’elles vont découvrir. Et s’ils ne me plaisaient pas ? À main droite, un jean usé et mou sur une cuisse large et ferme. À main gauche, une toile fine, probablement du lin. La cuisse y est longue, plus dessinée, très dure aussi. Je descends sur le genou, remonte, mes mouvements sont limités par le peu de place que leur carrure me laisse. Je change de stratégie. Je les devinerai à tour de rôle. Main gauche à hauteur de buste, j’avance doucement. Je me heurte à une toile très douce au toucher. Certainement un t-shirt. Le poitrail est bombé et souple. Je remonte, cherche l’encolure. Mes doigts plongent dans une forêt de poils soyeux. Je remonte encore, m’emmêle dans une barbe très fournie, bien taillée.

    Je me tourne maintenant vers ma gauche. La poitrine est sèche, dure, glabre sous la chemise. Le cou et la joue sont lisses et doux. Il vient de se raser, je sens le film qu’a laissé la crème à raser sur sa peau de bébé. Il est très jeune. Vingt, vingt deux ans maximum. Je reprends mon exploration, tantôt de l’un, tantôt de l’autre. Je les sens frémir sous mes caresses, j’entends leur souffle, quelques sons rauques s’échappent parfois. Je ne résiste pas à l’envie de vérifier l’état le leur pantalon. Je suis heureuse de constater que nous partageons le même émoi. Sous ma robe légère, il n’y a que mon corps nu, mon sexe qui palpite, chaud et humide !

    Un virage serré nous comprime les uns contre les autres. Nous venons de tourner dans un chemin de campagne. La voiture est secouée pendant quelques minutes qui me semblent une éternité, puis s’immobilise enfin. Les hommes sortent de la voiture, Philippe prend ma main, me conduit à vive allure. Je lève haut les pieds entre les herbes qui me fouettent les cuisses. Je m’accroche à lui. Il est mon guide, mon tout.

     

    - Reste là, ne bouge pas.

    Nous venons de passer dans une zone plus sombre, un peu plus fraiche aussi. J’écoute attentivement les bruits qui nous entourent, il n’y a que la nature, une douce brise dans les feuilles des arbres, le départ précipité de quelques animaux que nous avons dérangé. Les hommes s’affairent autour de moi, en silence. Puis Philippe retire ma robe doucement, dépose un doux baiser sur mes lèvres et s’efface. Je reste un moment ainsi, nue, exposée. Je les entends bouger, j’essaie de les reconnaitre, impossible. Des mains anonymes se posent sur mon visage, un peu rugueuses. On m’embrasse, des lèvres ourlées et souples, recouvertes d’une moustache épaisse. Je pose ma main sur le buste de l’homme, je suis surprise de le sentir nu sous mes doigts. Je sens son cœur battant. D’autres mains se posent sur mes hanches. Je sens dans mon dos un autre corps nu, et entre mes fesses, une queue bien dure vient se caler. De doux petits baisers me picorent la nuque. Je frissonne. Je sais que Philippe m’observe, je voudrais connaître son regard à cet instant. Je m’abandonne doucement aux caresses délicates de ces deux inconnus.

    Soudain une main agrippe mes cheveux, me fait mettre à genoux. Instantanément cela me transforme en petite catin obéissante. J’ai un peu honte, et cette honte amplifie mon plaisir.

     

    - Ouvre !

    J’ouvre la bouche en grand. Je reçois un vit large et recourbé jusqu’au fond de la gorge. Je sens son gland qui frappe, m’arrachant des grognements de bête. De long filets de bave s’écoulent de ma bouche béante, jusqu’au haut le cœur. Je m’offre à cette bestialité qui m’accapare.

    Maintenant deux mains fines et sèches s’emparent de mes hanches, me pincent durement. Sans préambule, l’homme plante sa verge dans ma chatte dégoulinante. Il se comporte comme un chien, frénétique, il me baise à petits coups rapides. Je me sens utilisée, souillée.

    La première fois que j’ai avoué ce fantasme à Philippe, c’était un murmure entrecoupé de silences coupables. Aujourd’hui, je m’offre à ces fléaux sans aucune vergogne.

    Les deux hommes se retirent brutalement dans un ensemble parfait. Je me retrouve seule, vide abandonnée sur un lit de terre et de cailloux qui me transpercent les genoux. On me pousse du pied, je m’affale dans la terre. On me prend par les chevilles, me roule sur le dos. Je sens des pierres, des racines meurtrir mon dos. Mes jambes sont écartées à m’en faire mal. Je suis de nouveau baisée à même le sol comme une raclure. Plus ils s’acharnent sur moi, plus ils sont brusques plus je plonge en transe. Je hurle mon plaisir, je suis obscène. Plus rien ne compte que d’être une bête sauvage en rut.

     

    L’on me prend maintenant comme un paquet, on me retourne et me lâche sur l’inconnu le plus fort. On me manipule comme un pantin. Je me laisse faire, je leur appartiens, je suis un jouet. J’éprouve une sorte d’extase à tout abandonner. C’est un abyme pervers et jubilatoire. Je ne suis rien, je disparais. Les frontières, les carcans, les rôles, tout disparaît. Je me libère en m’annihilant. Les doigts fins attrapent ma mâchoire vigoureusement. J’ouvre ma bouche comme une grotte, il s’y engouffre au plus profond. Là, ballotée par mes deux assaillants, je sens la prise ferme de Philippe sur mes reins. Il me sodomise sans ménagement. Prise de toute part, malmenée, je tremble de plus en plus fort jusqu’à l’explosion absolue. Je sursaute, je convulse, je suis emportée dans un tourbillon de sens. Mes assaillants jouissent de ma jouissance. L’un me gifle de gerbes brulantes, l’autre m’arrose et Philippe inonde mon cul.

    La fatigue me prends d’un seul coup. Je m’effondre, pleure comme une petite fille, déboussolée de trop d’émotions, perdue entre deux mondes. Alors mon amour me prend dans ses bras me berce doucement, me couvre de doux baisers, jusqu'à ce que ce torrent tarisse. Doucement il me lave et me rhabille. Mes yeux sont toujours bandés. Il me porte jusqu'à la voiture où il m’installe entre les deux hommes devenus anges gardiens.

    Ils disparaîtront sans que je m’en aperçoive, dans mon sommeil. Philippe me bordera et s’endormira tout contre moi, protégeant mes rêves de sa présence.

     


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  • Charlotte,Trop longtemps que je ne t'ai pas donné de nouvelles. Je suis bloquée. J'arrive pas à me raconter, j'ai pas d'imagination. J'ai perdu le bagou que t'aimes bien, celui qui te fait sourire et qui t'excite. Celui qui te fait me poser mille questions, réclamant toujours plus de détails que je suis obligée d'inventer pour étancher ta soif. Tes mails me réclamant mes exploits me font culpabiliser. C'est pas que je ne baise pas, non ! Je baise. Je baise devant des vidéos salaces, de gang bang gay, où de jeunes types, gaulés comme des pédés de magasine se font défoncer le cul par des bad boy de série tv. Je baise dans la rue, entre deux voitures, avec des inconnus sélectionnés sur des sites libertins. Je baise dans des parcs, la nuit, furtivement, au détour d'un chemin sombre. Je baise à trois, à quatre, à qui mieux mieux. Je baise à tire-larigot, j'explore mes limites. Mes limites ? Plus j'avance, plus j'expérimente, moins j'ai l'impression d'en avoir. C'est comme se dire qu'on n'arrivera jamais à boucler un dossier et puis, finalement, c'était pas si sorcier, et en plus, on y a pris du plaisir. C'est à la fois enivrant et frustrant. Enivrant parce que ça me donne une sensation d'invulnérabilité, frustrant parce que j'aimerais la trouver, cette limite. Un jour me prendre le mur et me dire, par là, j'y vais pas.

    Cependant, hier, j'ai été surprise. J'ai pleuré. J'ai pris une gifle et j'ai pleuré, puis j'ai ri, et pleuré, et ri... encore. Il m'a dit: "Bon, je peux te donner des coups de ceinture sur le cul, mais pas de baffes dans la gueule." Ça m'a fait rire. Je n'ai même pas eu mal ! Enfin pas plus que quand il me mord ou qu'il me lacère le dos où l'intérieur des cuisses. Je ne me suis pas sentie humiliée. Je ne me sens jamais humiliée. Il peut me prendre par les cheveux, me jeter par terre aux pieds d'une horde de chiens en rut, me traiter de pute, de vide couilles, je ne me sens pas humiliée. Dans ces instants fiévreux, je suis leur vide couilles, ils sont mes chiens. A chacun son cinéma. 

    Mais hier, pouf, j'ai pleuré. C'est venu comme ça. Aujourd'hui, je ne me sens pas tranquille. Est-ce une limite, un coup de fatigue, un réflexe Pavlovien ? Le temps me le dira, j'ai bien envie de refaire un tour par là pour voir ce qu'il s'y passe. Pas aujourd'hui, pas demain... plus tard, quand la question ne se posera plus, quand je ne me regarderai pas agir comme un rat de laboratoire.

    Je vais te laisser là. Comme je te l'ai dit, j'ai pas l'inspiration. Il te faudra être patiente. C'est comme ça. Je suis comme ça. Je suis pas facile à aimer, je sais, par contre toi, si. Dans mon prochain mail je te raconterai ce que j'ai envie de te faire, ce à quoi je songe depuis un petit moment. Un des scénarios possibles de quand on se reverra. Ne rentre pas tout de suite, il n'est pas encore fini,  ne tarde pas trop, toi aussi tu me manques. Je t'aime.

    photo : Rochman Reese And Sofan Chan

     


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  • Sévice rendu

    Yaëlle, ma meilleure amie est venue me voir il y a quelque temps. Elle était sans dessus dessous. Rien n’allait plus avec son mari. Elle m’a demandé d’intervenir. Je n’aime pas ça, c’est souvent contre productif de faire intervenir un tiers. Mais elle est ma meilleure amie, je ne peux pas la laisser tomber. J’ai alors accepté et nous avons convenu qu’il vienne dès le lendemain

    Il est arrivé avec deux minutes de retard. J’ouvrais la porte, il était là, en costume de ville, la cravate desserrée. Ça commençait bien.

    Entre, lui dis-je d’un ton froid. L’anti-chambre est derrière cette porte. Il me regarda d’un air surpris.

    Je retournais m’asseoir dans le salon, me servais une boisson fraiche, et continuais ma liste de courses.

    - Viande, Lait, Sucre, Légumes, fruits…

    Après l’avoir laissé mariner un moment, ça lui apprendra à être en retard, j’allais le voir. Incroyable ! Il était assis sur une chaise et jouait sur son portable !

    - Tu fais quoi, là ?

    - Ben, je joue, en attendant.

    - Pardon ?

    - Euh  Je t’attends…

    Je refermais la porte calmement, sans un mot, et j’appelais illico sa Maitresse.

    - Yaëlle ? Tu ne m’as pas tout dit hier ! C’est beaucoup plus grave que je ne le pensais ! Il faut tout reprendre !... C’est toi que je devrais reprendre en main, tu sais ? Parce que ce que je vais faire là ne servira à rien si tu fais n’importe-quoi derrière. Tu vas rappliquer ici illico. Tu te placeras dans le boudoir, observeras tout ce qui se passe et tu prendras le relai quand je te le donnerai. Si tu te comportes comme il faut, il y a peut-être une chance de le récupérer… Non. Non, Yaëlle. Je fais ça parce que tu es ma meilleure amie, mais je ne garantis rien. Tu me remercieras plus tard. Dépêche-toi !

    Je suis retournée dans l’antichambre.

    - Qu’est-ce que tu fais là ?

    - Comme je te l’ai dit, je t’attends, me répondit-il, souriant.

    - Ce n’est pas ma question. Fais attention à ce que je te dis. Qu’est-ce que tu fais là ?

    - Ha ! Oh Euh…

    - Mais encore ?

    - C’est Yaëlle qui m’envoie.

    - Tss ! Qui est Yaëlle ?

    - Ben ma…

    - Réfléchis à ce que tu dis !

    - Ma… Maitresse ?

    - Nous y sommes ! Donc, qu’est-ce que tu fais là ?

    - Je suis venu sur l’ordre de ma Maitresse… Parce qu’elle me l’a ordonné.

    - Mon dieu ! Bon, je n’ai pas envie d’y passer des heures. Déshabille-toi. Vite !

    Je vis dans ses yeux, qu’il était tenté de me répondre quelque chose de « spirituel », mais croisant mon regard, il comprit son erreur et se ravisa.

    Il était nu devant moi, bel homme. Il s’entretenait. Je comprenais pourquoi Yaëlle avait jeté son dévolu sur ce grand brun athlétique.

    - Tourne-toi !

    Son dos musclé dessinait un ample V. Ses fesses étaient étroites et rebondies au-dessus de cuisses élancées.

    - Tourne-toi !

    Le torse puissant, le ventre plat et un « Chemin des Dames » tout à fait acceptable.

    - Enlève tes mains.

    C’est ta Maitresse qui te dit de te raser ?

    - Oui.

    - Oui qui ?

    - Maitr

    - Madame !

    - Oui Madame.

    - Bien ! Avance, c’est par là, lui dis-je  en lui montrant le salon.

    Je marchais dans son dos, faisant claquer mes talons sur le parquet. Au passage, je pris une cravache que j’avais laissée bien en évidence. Il avançait d’un pas indécis.

    - Porte noire !

    Il s’arrêta devant, se retourna d’un œil interrogateur.

    - Ouvre !

    Même dans son dos, je savais exactement la tête qu’il faisait. Je le sais aux frissons qui parcourent leur dos.

    - Avance !

    Il entra dans mon donjon. Ses pieds nus hésitant sur le carrelage rouge. Je le contournais et me mis face à lui. J’attendis qu’il s’imprègne du lieu. Il en menait déjà moins large. Les fouets de toutes tailles, les menottes, les pinces, les suceurs, les godes, accrochés aux grilles travaillaient à ma place.

    - À genoux !

    Il obtempéra sans hésiter et sans même s’en rendre compte. Je m’avançais vers lui, jusqu’à lui mettre ma chatte sous le nez. Je portais, un catsuit intégral en cuir noir ouvert sur le décolleté et l’entre jambe. J’avais rajouté une jupe très courte amovible. Juchée sur mes talons de 14 cm, je le toisais sévèrement. Je l’obligeais à lever la tête, le manche de ma cravache appuyant sous son menton. De l’autre main, je dégrafais la jupe qui tomba entre nous. J’écartais les jambes en me rapprochant encore un peu, l’attrapais par les cheveux et lui collais le visage dans ma toison ébène.

    - Sens moi ça ! Petit chien ! Sens !

    Je frottais ma chatte sur son nez, l'imprégnant de cyprine. Je tirais sa tête en arrière, le regardais dans les yeux.

    - Lèches toi les babines petit chien !

    La truffe et l’œil humide, il se pourlécha. Je pointai de ma cravache, ma jupe restée à terre et lui ordonnai de la ramasser, de la plier adroitement et de la déposer sur la commode derrière lui. Sagement il s’exécuta. Je vis son regard s’attarder sur les objets qui encombraient la commode. Qu’allait il choisir ? Le plug, les pinces ou la badine ?

    - Tu ne devrais pas hésiter comme ça petit chien. Ils sont tous pour toi !

    Un cliquetis significatif m’avertit que Yaëlle était derrière le miroir sans tain. La séance allait pouvoir commencer.

    - Au pied !

    Il se précipita, déposa ses genoux à quelques centimètres de mes chaussures, tête baissée.

    - Regarde moi ! Tu es là, petit chien, parce que ta maitresse n’est pas contente de toi. Elle est… contrariée. Déçue, en fait. Elle a eu la faiblesse de croire que tu connaissais ta place, que tu étais capable de la tenir sans qu’elle soit obligée de te surveiller comme un débutant. Force est de constater que tu n’as pas été à la hauteur.

    Je tournais autour de lui comme un prédateur autour de sa proie.

    - Elle était sur le point de te congédier mais je l’ai convaincue de te donner une chance de te rattraper. On ne jette pas le fruit de son travail comme ça. Elle a accepté mais tu dois prouver par ton attitude ici, que ce n’est pas peine perdue. Tu endureras cette épreuve avec dignité et courage. Tu m’obéiras au doigt et à l’œil. Tu seras docile et fier, tu feras tout ce que je te dis, avec vivacité et enthousiasme. Je ne veux aucune chouinerie. Je ne supporterai aucune tentative de rébellion. Et je te déconseille de jouer les fanfarons, tu y perdrais. Est ce que c’est clair pour toi, petit chien ? Répond !

    - Oui.

    Je lui décochais alors une gifle magistrale.

    - Oui qui ?

    - Oui Madame.

    - Bien !

    Je lui tendis un large masque noir en cuir, ainsi qu’une paire de menottes. Enfile ça ! Les mains dans le dos !

    - Oui madame.

    Une fois contraint et masqué, je souris à Yaëlle de l’autre côté du miroir sans tain et la rejoignis.

    - Je le laisse mijoter un peu. Il fait trop chaud dans ce donjon, j’augmente la clim.

    - Bon, tu vois, il est sage et gentil quand même !

    - Tu te moques de moi ? Mais, qu’est ce qui t’arrive ma poule, tu t’es muée en midinette ou quoi ? Sage et gentil ! Qu’est ce qui faut pas entendre ! Il a oublié jusqu’aux bases ! Tu sais ce qu’il m’a répondu quand je lui ai demandé ce qu’il faisait, là ?

    - Non …

    - « Je joue, en attendant » Il était en train de jouer sur son téléphone ! Oh oui ! Tu peux faire cette tête ! Ce n’est pas comme ça que je t’ai formé ! C’est du n’importe quoi. J’ai une question à te poser. J’attends que tu y répondes sincèrement. As tu toujours envie d’être une domina ?

    - Ben oui ! Évidemment !

    - Ben ce n’est pas aussi évident que ça. Crois moi ! Parce que si tu n’es pas toujours aussi motivée, ce que je peux comprendre, ce que je vais faire dans ce donjon ne servira à rien et je n’ai pas que ça à faire, moi. Alors réfléchis bien, et répond à ma question.

    - Oui, j’ai toujours envie d’être une domina. Excuses moi, j’ai…

    - Ne t’excuse pas par pitié ! ... Bon, j’y retourne. Observe, et apprends !

     

    Quand j’entrais dans le donjon, je senti immédiatement la différence de température. Mon cul et ma chatte se hérissèrent. Lui, grelotait à genoux sur le carrelage.

    - Debout !

    Il se redressa.

    - Écarte moi un peu ces cuisses. Cambres toi, montre moi cette croupe ! Écarte tes fesses !

    Je lui caressais et lui flattais la croupe comme on le fait pour un animal. Je glissais un doigt sur son anus. Il était souple, donc utilisé régulièrement. J’y enfonçais un doigt qui y entra sans résistance. Il se mit à bander gentiment. J’allais chercher un plug de bonne taille sur la commode, mis quelques goutes de lubrifiant et lui enfonça sans ménagement. Il tressailli et gémis ouvertement.

    - La ferme ! Qui t’a autorisé à gémir petit chien ? … Répond !

    - Personne Madame !

    - Alors ! … Alors ! Répétai-je plus durement. Je déteste me répéter, dépêche toi !

    - Pardon Madame. Je ne gémirai plus sans votre permission, Madame !

    - Bien ! Tournes toi face à moi, genoux fléchis, cuisses écartées. Montres moi tes couilles !

    J’attrapais ses bourses les palpais, les soupesais, tirais dessus pour estimer leur élasticité et leur faculté à pendre et s’allonger. Puis j’attrapais sa queue fermement et le branlais. Je la sentais durcir et gonfler.

    - Il me semble que tu es un mâle, mais quel genre de mâle es tu ? Tu as une bonne queue, bien droite, bien dure, c’est bien ! Tu as du jus dans ces couilles ? Donnes moi ton jus de couilles. Mais, ne t’avises pas de décharger sans mon autorisation, ou il t’en cuira.

    Je continuai de le branler vigoureusement et recueilli rapidement sa mouille, que je récupérai d’un doigt et lui étalai sur la langue. D’une main je le repoussai fermement, il recula en vacillant. Je mis en marche le palan, la chaine descendit dans un bruit fracassant de métal. Il sursauta. Je fixai ses menottes au crochet et remontai ses poignets au maximum. Il était dans une position inconfortable et humiliante. Je pris les pinces à tétons et lui installai, puis j’attrapai une badine de rotin recouvert de cuir huilé. Je la fis cingler dans l’air et me délectai de son agréable sifflement. Ses tétons gonflèrent a vue d’œil. Je commençai par lui caresser la croupe mise en valeur par sa position. Je glissai la badine entre ses cuisses et remontai jusqu'à ses couilles que je maltraitai adroitement. Je jouai un peu avec son plug, tapotai ses tétons écarlates. Puis sans crier gare je lui décochai un coup vif et net. Il hurla. Sa peau rougit instantanément à l’endroit ou la badine avait frappé.

    - Tais toi ! Ordonnai-je. Et je lui redonnai un coup au même endroit. Sa peau était à la limite de se fendre. Je la frictionnai pour faire circuler le sang. Il serrait les fesses et les dents.

    - La ! Bien, c’est bien mon chien ! Il bandait toujours durement, et à vrai dire, il ne débanda pas de toute la séance.

     

    Je le relâchai et l’autorisai à s’asseoir sur le petit tabouret en métal agrémenté de clous à tête triangulaire. Il grimaça dignement. Il se comportait assez bien. Je fis signe à Yaëlle de l’autre côté du miroir de nous rejoindre en silence. Je m’essayai face à lui.

    - Petit chien ! J’ai transpiré dans mes chaussures, enlèves les moi. Il tendit ses mains cherchant où étaient mes pieds, n’y voyant toujours rien. Sa main trouva ma cheville qu’il prit respectueusement, ne se permettant aucune caresse. Il déposa mon pied sur son genou et me déchaussa avec délicatesse. Ses gestes étaient fluides et mesurés.

    - Lave moi les pieds !

    Il hésita un moment.

    - Avec ta langue pauvre nouille ! Avec quoi d’autre ?

    - Oui Madame.

    Il souleva mon pied jusqu'à sa bouche, tira une large langue qu’il déposa à la base de mon talon remontant sur ma plante de pieds jusqu’aux orteils.

    - Hmm ! C’est bien, continue ! Il s’y prenait parfaitement ! Sa langue furetait maintenant entre mes doigts de pied. Il aimait ça, le petit salopard. Continue oui, c’est bien ! Tu es un bon petit chien ! L’autre maintenant. J’avais envie qu’il me lèche la chatte de cette même langue agile. Mais je fis signe à Yaëlle de s’approcher encore.

    - Stop ! Je reposais mes pieds nus et humides sur le sol glacé, je me levai, indiqua à Yaelle de prendre ma place et d’écarter ses cuisses. Ce qu’elle fit avec un grand plaisir.

    - A quatre pattes, le chien ! Bien. Avance maintenant … encore ! …

    Quand son nez toucha la fente humide de Yaelle, il s’immobilisa, et sourit largement. J’avais repris ma cravache que je braquai sur le creux de sa joue, par dessus la cuisse de mon amie.

    - Pas bouger ! Et ne souris pas comme un imbécile.

    Je lui donnai un coup sec sur l’arrière train, pour appuyer mon propos. Il s’immobilisa complètement. En attendant mon ordre.

    Je le contournai et attrapai au passage un gode de bonne taille que je fixai à ma ceinture. J’attrapai le plug et lui retirai d’un coup. Il sursauta, mais garda le silence. Yaëlle était très excitée, sa chatte coulait doucement. Il devait sentir son odeur de salope mais n’avait pas le droit d’y gouter, pas encore. De ma cravache je frappai doucement l’intérieur des ses cuises.

    - Écarte. Je jetai un coussin entre ses genoux. Je m’agenouillai à mon tour derrière lui et badigeonna mon pieu en silicone et son trou de lubrifiant. Je le massais, l’assouplissais. Ma  partenaire ondulait de la croupe, se masturbant le clito sur le nez de son petit clébard. Nous nous regardions de connivence jouissant de l’instant. A la seconde où elle lui ordonna de la lécher, je lui enfonçai mon dard. Sa figure s’écrasa sur la chatte ouverte de sa Maitresse, étouffant une exclamation de plaisir. Je le tenais fermement par les hanches, le pilonnait à grands coups.

    - Allez ! Lèche moi ! Lèche bien ta maitresse ! Petite pute !

    - Je lui assénai de sérieux coups de butoirs, tout en lui fouettant le cul ! Il ne bandait plus, mais sa queue coulait abondement. Yaëlle ne mis pas longtemps à atteindre son paroxysme

    - Putain, branle-moi, connard ! Hurla-t-elle. Au risque de perdre l’équilibre, il lui enfonça deux doigts dans la chatte et les secoua énergiquement. Elle se lâcha alors complètement et lui gicla au visage. Quand elle revint à elle, je me retirai brutalement. D’un coup de pied, je le fis rouler sur le dos. Je me plaçai entre ses jambes et lui écrasai les couilles avec mon pied nu. Je m’attaquai à sa bite qui reprit rapidement vigueur. Ma comparse m’apporta une chaise. Une fois assise, j’entrepris de le branler des deux pieds. Il bandait dur, soufflait, tentait de retenir ses gémissements.

    - Mon petit chien ! Tu as envie de jouir, hein ? Répond !

    - Ou..i… Maîtresse.

    - Pourquoi est ce que je te laisserais jouir, dis moi pourquoi ?

    - Je… je peux pas… Maîtresse !

    - Ha oui et pourquoi ça ?

    - Parce que… je le mérite pas Maitresse !

    - Ha ! Voilà enfin une bonne réponse !

    Coincée entre mes pieds son gland était rouge, gonflé, prêt à exploser. Elle se pencha au dessus.

    - Dis moi pourquoi tu ne mérites pas de jouir, petit chien ! Dit elle en lui donnant des petits coups de langue sur la pointe de son vit. Le coup était traitre, il failli ne pas y résister. Mais pressant davantage mes pieds l’un contre l’autre je lui fis mal. Ce jeu m’amusait trop pour le laisser se finir sur une note décevante.

    - Alors ? Dis à ta Maitresse pourquoi elle ne peut pas te laisser jouir !

    - Parce… que… je… je me comporte mal.

    - C’est à dire ? Sois plus précis !

    - Je… je …

    - Tu ne sais pas comment dire ? Hé bien moi je vais te le dire. Tu t’es comporté comme une petite merde ! Tu as oublié où était ta place ! Où est ta place ?

    - A tes pieds, à tes ordres, Maitresse !

    - Où ça ?

    - Où tu me dicteras, Maitresse !

    - Tu en es certain ?

    - Oui, oui… Maitresse.

    Il vibrait des pieds à la tête. Il allait craquer…

    - Bien ! Vas y, jouis ! Et qu’on t’entende !

    Il se lâcha dans un râle grave et puissant, gicla abondement par saccades. Il arrosa son sperme partout, le torse, le visage et même sa bouche, c’était parfait. Yaëlle l’embrassa goulument avant de lui retirer son masque. Le talon aiguille planté sur le torse, elle lui sourit avec bienveillance, il lui répondît avec reconnaissance.

     


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  • Le 22 août, date anniversaire de la naissance de Ray Bradbury (l'auteur de Fahrenheit 451), nous fêtons les livres, les éditeurs, les auteurs et les lecteurs. Partageons notre passion avec le monde entier ! rejoignez le mouvement sur la page facebook

    Ray's day

     

    Suspendue

    Je m'associe à la fête en vous proposant ce texte court

    Suspendue

     

    J’attends. Je suis suspendue, je ne fais rien. J’attends.  À peine si je regarde autour de moi, à peine si j’arrive à voir encore. Je suis suspendue, j’attends. J'écoute le tumulte, je l’observe, je le goute. Quel espoir fait il naitre, quels désespoirs aussi. Une note de musique fait écho et ravive la douleur, délicieusement. Est ce vraiment une douleur, Cette sensation, logée, là ?

    Des images se bousculent dans ma tête. Succession de flashs, montage stroboscopique de désirs et de craintes. Je réagis à toutes, je me malmène et m’épuise. Je cherche l’apaisement, et je le fuis tout à la fois. Je veux que ça s’arrête, j’en veux plus encore.

    Je trouve des subterfuges, je m’offre du répit. Quelques secondes de soulagement pour que tout recommence à l’instant. Mais parfois, c’est le vide, le désert, le silence. Je m’entends crier dans le néant, j’entends ma voix en écho, je suis seule. Je m’agite, panique, j’appelle à l’aide, et quand je désespère tout revient, neuf, intact, chargé de puissance pour m’emporter à nouveau. Je laisse venir cette vague, je la laisse me prendre, même si je sais qu’elle m’abandonnera, sur un rocher, agonisant sous la brûlure du soleil.

    Alors j’attends, surtout je ne fais rien. J’attends, je suis suspendue, j’attends.


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