• Sévice rendu

    Yaëlle, ma meilleure amie est venue me voir il y a quelque temps. Elle était sans dessus dessous. Rien n’allait plus avec son mari. Elle m’a demandé d’intervenir. Je n’aime pas ça, c’est souvent contre productif de faire intervenir un tiers. Mais elle est ma meilleure amie, je ne peux pas la laisser tomber. J’ai alors accepté et nous avons convenu qu’il vienne dès le lendemain

    Il est arrivé avec deux minutes de retard. J’ouvrais la porte, il était là, en costume de ville, la cravate desserrée. Ça commençait bien.

    Entre, lui dis-je d’un ton froid. L’anti-chambre est derrière cette porte. Il me regarda d’un air surpris.

    Je retournais m’asseoir dans le salon, me servais une boisson fraiche, et continuais ma liste de courses.

    - Viande, Lait, Sucre, Légumes, fruits…

    Après l’avoir laissé mariner un moment, ça lui apprendra à être en retard, j’allais le voir. Incroyable ! Il était assis sur une chaise et jouait sur son portable !

    - Tu fais quoi, là ?

    - Ben, je joue, en attendant.

    - Pardon ?

    - Euh  Je t’attends…

    Je refermais la porte calmement, sans un mot, et j’appelais illico sa Maitresse.

    - Yaëlle ? Tu ne m’as pas tout dit hier ! C’est beaucoup plus grave que je ne le pensais ! Il faut tout reprendre !... C’est toi que je devrais reprendre en main, tu sais ? Parce que ce que je vais faire là ne servira à rien si tu fais n’importe-quoi derrière. Tu vas rappliquer ici illico. Tu te placeras dans le boudoir, observeras tout ce qui se passe et tu prendras le relai quand je te le donnerai. Si tu te comportes comme il faut, il y a peut-être une chance de le récupérer… Non. Non, Yaëlle. Je fais ça parce que tu es ma meilleure amie, mais je ne garantis rien. Tu me remercieras plus tard. Dépêche-toi !

    Je suis retournée dans l’antichambre.

    - Qu’est-ce que tu fais là ?

    - Comme je te l’ai dit, je t’attends, me répondit-il, souriant.

    - Ce n’est pas ma question. Fais attention à ce que je te dis. Qu’est-ce que tu fais là ?

    - Ha ! Oh Euh…

    - Mais encore ?

    - C’est Yaëlle qui m’envoie.

    - Tss ! Qui est Yaëlle ?

    - Ben ma…

    - Réfléchis à ce que tu dis !

    - Ma… Maitresse ?

    - Nous y sommes ! Donc, qu’est-ce que tu fais là ?

    - Je suis venu sur l’ordre de ma Maitresse… Parce qu’elle me l’a ordonné.

    - Mon dieu ! Bon, je n’ai pas envie d’y passer des heures. Déshabille-toi. Vite !

    Je vis dans ses yeux, qu’il était tenté de me répondre quelque chose de « spirituel », mais croisant mon regard, il comprit son erreur et se ravisa.

    Il était nu devant moi, bel homme. Il s’entretenait. Je comprenais pourquoi Yaëlle avait jeté son dévolu sur ce grand brun athlétique.

    - Tourne-toi !

    Son dos musclé dessinait un ample V. Ses fesses étaient étroites et rebondies au-dessus de cuisses élancées.

    - Tourne-toi !

    Le torse puissant, le ventre plat et un « Chemin des Dames » tout à fait acceptable.

    - Enlève tes mains.

    C’est ta Maitresse qui te dit de te raser ?

    - Oui.

    - Oui qui ?

    - Maitr

    - Madame !

    - Oui Madame.

    - Bien ! Avance, c’est par là, lui dis-je  en lui montrant le salon.

    Je marchais dans son dos, faisant claquer mes talons sur le parquet. Au passage, je pris une cravache que j’avais laissée bien en évidence. Il avançait d’un pas indécis.

    - Porte noire !

    Il s’arrêta devant, se retourna d’un œil interrogateur.

    - Ouvre !

    Même dans son dos, je savais exactement la tête qu’il faisait. Je le sais aux frissons qui parcourent leur dos.

    - Avance !

    Il entra dans mon donjon. Ses pieds nus hésitant sur le carrelage rouge. Je le contournais et me mis face à lui. J’attendis qu’il s’imprègne du lieu. Il en menait déjà moins large. Les fouets de toutes tailles, les menottes, les pinces, les suceurs, les godes, accrochés aux grilles travaillaient à ma place.

    - À genoux !

    Il obtempéra sans hésiter et sans même s’en rendre compte. Je m’avançais vers lui, jusqu’à lui mettre ma chatte sous le nez. Je portais, un catsuit intégral en cuir noir ouvert sur le décolleté et l’entre jambe. J’avais rajouté une jupe très courte amovible. Juchée sur mes talons de 14 cm, je le toisais sévèrement. Je l’obligeais à lever la tête, le manche de ma cravache appuyant sous son menton. De l’autre main, je dégrafais la jupe qui tomba entre nous. J’écartais les jambes en me rapprochant encore un peu, l’attrapais par les cheveux et lui collais le visage dans ma toison ébène.

    - Sens moi ça ! Petit chien ! Sens !

    Je frottais ma chatte sur son nez, l'imprégnant de cyprine. Je tirais sa tête en arrière, le regardais dans les yeux.

    - Lèches toi les babines petit chien !

    La truffe et l’œil humide, il se pourlécha. Je pointais de ma cravache, ma jupe restée à terre et lui ordonna de la ramasser, de la plier adroitement et de la déposer sur la commode derrière lui. Sagement il s’exécuta. Je vis son regard s’attarder sur les objets qui encombraient la commode. Qu’allait il choisir ? Le plug, les pinces ou la badine ?

    - Tu ne devrais pas hésiter comme ça petit chien. Ils sont tous pour toi !

    Un cliquetis significatif m’avertit que Yaëlle était derrière le miroir sans tain. La séance allait pouvoir commencer.

    - Au pied !

    Il se précipita, déposa ses genoux à quelques centimètres de mes chaussures, tête baissée.

    - Regarde moi ! Tu es là, petit chien, parce que ta maitresse n’est pas contente de toi. Elle est… contrariée. Déçue, en fait. Elle a eu la faiblesse de croire que tu connaissais ta place, que tu étais capable de la tenir sans qu’elle soit obligée de te surveiller comme un débutant. Force est de constater que tu n’as pas été à la hauteur.

    Je tournais autour de lui comme un prédateur autour de sa proie.

    - Elle était sur le point de te congédier mais je l’ai convaincue de te donner une chance de te rattraper. On ne jette pas le fruit de son travail comme ça. Elle a accepté mais tu dois prouver par ton attitude ici, que ce n’est pas peine perdue. Tu endureras cette épreuve avec dignité et courage. Tu m’obéiras au doigt et à l’œil. Tu seras docile et fier, tu feras tout ce que je te dis, avec vivacité et enthousiasme. Je ne veux aucune chouinerie. Je ne supporterai aucune tentative de rébellion. Et je te déconseille de jouer les fanfarons, tu y perdrais. Est ce que c’est clair pour toi, petit chien ? Répond !

    - Oui.

    Je lui décochais alors une gifle magistrale.

    - Oui qui ?

    - Oui Madame.

    - Bien !

    Je lui tendis un large masque noir en cuir, ainsi qu’une paire de menottes. Enfile ça ! Les mains dans le dos !

    - Oui madame.

    Une fois contraint et masqué, je souris à Yaëlle de l’autre côté du miroir sans tain et la rejoignis.

    - Je le laisse mijoter un peu. Il fait trop chaud dans ce donjon, j’augmente la clim.

    - Bon, tu vois, il est sage et gentil quand même !

    - Tu te moques de moi ? Mais, qu’est ce qui t’arrive ma poule, tu t’es muée en midinette ou quoi ? Sage et gentil ! Qu’est ce qui faut pas entendre ! Il a oublié jusqu’aux bases ! Tu sais ce qu’il m’a répondu quand je lui ai demandé ce qu’il faisait, là ?

    - Non …

    - « Je joue, en attendant » Il était en train de jouer sur son téléphone ! Oh oui ! Tu peux faire cette tête ! Ce n’est pas comme ça que je t’ai formé ! C’est du n’importe quoi. J’ai une question à te poser. J’attends que tu y répondes sincèrement. As tu toujours envie d’être une domina ?

    - Ben oui ! Évidemment !

    - Ben ce n’est pas aussi évident que ça. Crois moi ! Parce que si tu n’es pas toujours aussi motivée, ce que je peux comprendre, ce que je vais faire dans ce donjon ne servira à rien et je n’ai pas que ça à faire, moi. Alors réfléchis bien, et répond à ma question.

    - Oui, j’ai toujours envie d’être une domina. Excuses moi, j’ai…

    - Ne t’excuse pas par pitié ! ... Bon, j’y retourne. Observe, et apprends !

     

    Quand j’entrais dans le donjon, je senti immédiatement la différence de température. Mon cul et ma chatte se hérissèrent. Lui, grelotait à genoux sur le carrelage.

    - Debout !

    Il se redressa.

    - Écarte moi un peu ces cuisses. Cambres toi, montre moi cette croupe ! Écarte tes fesses !

    Je lui caressais et lui flattais la croupe comme on le fait pour un animal. Je glissais un doigt sur son anus. Il était souple, donc utilisé régulièrement. J’y enfonçais un doigt qui y entra sans résistance. Il se mit à bander gentiment. J’allais chercher un plug de bonne taille sur la commode, mis quelques goutes de lubrifiant et lui enfonça sans ménagement. Il tressailli et gémis ouvertement.

    - La ferme ! Qui t’a autorisé à gémir petit chien ? … Répond !

    - Personne Madame !

    - Alors ! … Alors ! Répétai-je plus durement. Je déteste me répéter, dépêche toi !

    - Pardon Madame. Je ne gémirai plus sans votre permission, Madame !

    - Bien ! Tournes toi face à moi, genoux fléchis, cuisses écartées. Montres moi tes couilles !

    J’attrapais ses bourses les palpais, les soupesais, tirais dessus pour estimer leur élasticité et leur faculté à pendre et s’allonger. Puis j’attrapais sa queue fermement et le branlais. Je la sentais durcir et gonfler.

    - Il me semble que tu es un mâle, mais quel genre de mâle es tu ? Tu as une bonne queue, bien droite, bien dure, c’est bien ! Tu as du jus dans ces couilles ? Donnes moi ton jus de couilles. Mais, ne t’avises pas de décharger sans mon autorisation, ou il t’en cuira.

    Je continuai de le branler vigoureusement et recueilli rapidement sa mouille, que je récupérai d’un doigt et lui étalai sur la langue. D’une main je le repoussai fermement, il recula en vacillant. Je mis en marche le palan, la chaine descendit dans un bruit fracassant de métal. Il sursauta. Je fixai ses menottes au crochet et remontai ses poignets au maximum. Il était dans une position inconfortable et humiliante. Je pris les pinces à tétons et lui installai, puis j’attrapai une badine de rotin recouvert de cuir huilé. Je la fis cingler dans l’air et me délectai de son agréable sifflement. Ses tétons gonflèrent a vue d’œil. Je commençai par lui caresser la croupe mise en valeur par sa position. Je glissai la badine entre ses cuisses et remontai jusqu'à ses couilles que je maltraitai adroitement. Je jouai un peu avec son plug, tapotai ses tétons écarlates. Puis sans crier gare je lui décochai un coup vif et net. Il hurla. Sa peau rougit instantanément à l’endroit ou la badine avait frappé.

    - Tais toi ! Ordonnai-je. Et je lui redonnai un coup au même endroit. Sa peau était à la limite de se fendre. Je la frictionnai pour faire circuler le sang. Il serrait les fesses et les dents.

    - La ! Bien, c’est bien mon chien ! Il bandait toujours durement, et à vrai dire, il ne débanda pas de toute la séance.

     

    Je le relâchai et l’autorisai à s’asseoir sur le petit tabouret en métal agrémenté de clous à tête triangulaire. Il grimaça dignement. Il se comportait assez bien. Je fis signe à Yaëlle de l’autre côté du miroir de nous rejoindre en silence. Je m’essayai face à lui.

    - Petit chien ! J’ai transpiré dans mes chaussures, enlèves les moi. Il tendit ses mains cherchant où étaient mes pieds, n’y voyant toujours rien. Sa main trouva ma cheville qu’il prit respectueusement, ne se permettant aucune caresse. Il déposa mon pied sur son genou et me déchaussa avec délicatesse. Ses gestes étaient fluides et mesurés.

    - Lave moi les pieds !

    Il hésita un moment.

    - Avec ta langue pauvre nouille ! Avec quoi d’autre ?

    - Oui Madame.

    Il souleva mon pied jusqu'à sa bouche, tira une large langue qu’il déposa à la base de mon talon remontant sur ma plante de pieds jusqu’aux orteils.

    - Hmm ! C’est bien, continue ! Il s’y prenait parfaitement ! Sa langue furetait maintenant entre mes doigts de pied. Il aimait ça, le petit salopard. Continue oui, c’est bien ! Tu es un bon petit chien ! L’autre maintenant. J’avais envie qu’il me lèche la chatte de cette même langue agile. Mais je fis signe à Yaëlle de s’approcher encore.

    - Stop ! Je reposais mes pieds nus et humides sur le sol glacé, je me levai, indiqua à Yaelle de prendre ma place et d’écarter ses cuisses. Ce qu’elle fit avec un grand plaisir.

    - A quatre pattes, le chien ! Bien. Avance maintenant … encore ! …

    Quand son nez toucha la fente humide de Yaelle, il s’immobilisa, et sourit largement. J’avais repris ma cravache que je braquai sur le creux de sa joue, par dessus la cuisse de mon amie.

    - Pas bouger ! Et ne souris pas comme un imbécile.

    Je lui donnai un coup sec sur l’arrière train, pour appuyer mon propos. Il s’immobilisa complètement. En attendant mon ordre.

    Je le contournai et attrapai au passage un gode de bonne taille que je fixai à ma ceinture. J’attrapai le plug et lui retirai d’un coup. Il sursauta, mais garda le silence. Yaëlle était très excitée, sa chatte coulait doucement. Il devait sentir son odeur de salope mais n’avait pas le droit d’y gouter, pas encore. De ma cravache je frappai doucement l’intérieur des ses cuises.

    - Écarte. Je jetai un coussin entre ses genoux. Je m’agenouillai à mon tour derrière lui et badigeonna mon pieu en silicone et son trou de lubrifiant. Je le massais, l’assouplissais. Ma  partenaire ondulait de la croupe, se masturbant le clito sur le nez de son petit clébard. Nous nous regardions de connivence jouissant de l’instant. A la seconde où elle lui ordonna de la lécher, je lui enfonçai mon dard. Sa figure s’écrasa sur la chatte ouverte de sa Maitresse, étouffant une exclamation de plaisir. Je le tenais fermement par les hanches, le pilonnait à grands coups.

    - Allez ! Lèche moi ! Lèche bien ta maitresse ! Petite pute !

    - Je lui assénai de sérieux coups de butoirs, tout en lui fouettant le cul ! Il ne bandait plus, mais sa queue coulait abondement. Yaëlle ne mis pas longtemps à atteindre son paroxysme

    - Putain, branle-moi, connard ! Hurla-t-elle. Au risque de perdre l’équilibre, il lui enfonça deux doigts dans la chatte et les secoua énergiquement. Elle se lâcha alors complètement et lui gicla au visage. Quand elle revint à elle, je me retirai brutalement. D’un coup de pied, je le fis rouler sur le dos. Je me plaçai entre ses jambes et lui écrasai les couilles avec mon pied nu. Je m’attaquai à sa bite qui reprit rapidement vigueur. Ma comparse m’apporta une chaise. Une fois assise, j’entrepris de le branler des deux pieds. Il bandait dur, soufflait, tentait de retenir ses gémissements.

    - Mon petit chien ! Tu as envie de jouir, hein ? Répond !

    - Ou..i… Maîtresse.

    - Pourquoi est ce que je te laisserais jouir, dis moi pourquoi ?

    - Je… je peux pas… Maîtresse !

    - Ha oui et pourquoi ça ?

    - Parce que… je le mérite pas Maitresse !

    - Ha ! Voilà enfin une bonne réponse !

    Coincée entre mes pieds son gland était rouge, gonflé, prêt à exploser. Elle se pencha au dessus.

    - Dis moi pourquoi tu ne mérites pas de jouir, petit chien ! Dit elle en lui donnant des petits coups de langue sur la pointe de son vit. Le coup était traitre, il failli ne pas y résister. Mais pressant davantage mes pieds l’un contre l’autre je lui fis mal. Ce jeu m’amusait trop pour le laisser se finir sur une note décevante.

    - Alors ? Dis à ta Maitresse pourquoi elle ne peut pas te laisser jouir !

    - Parce… que… je… je me comporte mal.

    - C’est à dire ? Sois plus précis !

    - Je… je …

    - Tu ne sais pas comment dire ? Hé bien moi je vais te le dire. Tu t’es comporté comme une petite merde ! Tu as oublié où était ta place ! Où est ta place ?

    - A tes pieds, à tes ordres, Maitresse !

    - Où ça ?

    - Où tu me dicteras, Maitresse !

    - Tu en es certain ?

    - Oui, oui… Maitresse.

    Il vibrait des pieds à la tête. Il allait craquer…

    - Bien ! Vas y, jouis ! Et qu’on t’entende !

    Il se lâcha dans un râle grave et puissant, gicla abondement par saccades. Il arrosa son sperme partout, le torse, le visage et même sa bouche, c’était parfait. Yaëlle l’embrassa goulument avant de lui retirer son masque. Le talon aiguille planté sur le torse, elle lui sourit avec bienveillance, il lui répondît avec reconnaissance.

     


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  • Le 22 août, date anniversaire de la naissance de Ray Bradbury (l'auteur de Fahrenheit 451), nous fêtons les livres, les éditeurs, les auteurs et les lecteurs. Partageons notre passion avec le monde entier ! rejoignez le mouvement sur la page facebook

    Ray's day

     

    Suspendue

    Je m'associe à la fête en vous proposant ce texte court

    Suspendue

     

    J’attends. Je suis suspendue, je ne fais rien. J’attends.  À peine si je regarde autour de moi, à peine si j’arrive à voir encore. Je suis suspendue, j’attends. J'écoute le tumulte, je l’observe, je le goute. Quel espoir fait il naitre, quels désespoirs aussi. Une note de musique fait écho et ravive la douleur, délicieusement. Est ce vraiment une douleur, Cette sensation, logée, là ?

    Des images se bousculent dans ma tête. Succession de flashs, montage stroboscopique de désirs et de craintes. Je réagis à toutes, je me malmène et m’épuise. Je cherche l’apaisement, et je le fuis tout à la fois. Je veux que ça s’arrête, j’en veux plus encore.

    Je trouve des subterfuges, je m’offre du répit. Quelques secondes de soulagement pour que tout recommence à l’instant. Mais parfois, c’est le vide, le désert, le silence. Je m’entends crier dans le néant, j’entends ma voix en écho, je suis seule. Je m’agite, panique, j’appelle à l’aide, et quand je désespère tout revient, neuf, intact, chargé de puissance pour m’emporter à nouveau. Je laisse venir cette vague, je la laisse me prendre, même si je sais qu’elle m’abandonnera, sur un rocher, agonisant sous la brûlure du soleil.

    Alors j’attends, surtout je ne fais rien. J’attends, je suis suspendue, j’attends.


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  • Seule au fond de la nuit, se laisser parcourir. Mélange doux amer de lasciveté et de solitude. Partir, partir encore, s’abstraire pour mieux ressentir, pour mieux vivre, au plus près de soi. Laisser couler, sur sa peau, la douceur, l’effleurement. Basculer sa tête, fermer les yeux, céder à l’envie.

    La voilà au fond de son lit. Enfin seule, et trop seule, une main sur un sein, l’autre abandonnée sur son ventre, hésitante, agacée. Les yeux fermés dans le noir, entre raison et songe, entre retenue et chimère. Des images, des flashs, des fulgurances la percutent et la bousculent. Elle se cambre, s’agrippe pour ne pas basculer. Un souffle à son oreille, un murmure, une idée, une envie, elle se détourne, tente de s'échapper. Elle se retourne sur le ventre, d’autres caresses se proposent à son esprit échauffé. Une main entre cuisse et hanche la soulève. Elle se cambre à l’extrême, attends, suspendue, se laisse choir, inassouvie, irritée. Elle se retourne encore, s’écarte et se referme sur l’intolérable vide. Elle se recroqueville, se couche sur le côté, haletante. Elle rentre en elle même, sa main aussi.

    « Han ! » Premier son depuis les soupirs. Elle s’ouvre à nouveau, s’offre à elle même, s’agite avec frénésie, geint, se crispe, se calme, reprend son souffle et repart de plus belle. Une fois, dix fois, les images se précipitent et se bousculent. Des mains, mille mains parcourent son corps, des odeurs, des bruits, la douceur, et la force, l’étreinte qui la possède et la submerge. Elle se bat avec et contre elle même, seule jusqu’à l’épuisement.

    Elle ne peut, veut pas s’arrêter, c’est une folle danse qui s’empare d’elle, la maintient sur le fil, enragée, frustrée, courant après la promesse de sa libération prochaine, l’explosion de ses chaines. Soubresauts, cris, râles, elle gesticule, se redresse regarde le vide dans les yeux, et s’affale sur sa couche, soulagée et insatisfaite.

    Sa peau déserte appelle encore, sa bouche humide appelle encore, ses seins, son cul, son corps vide hurle encore.

     Elle s’écoule doucement. Les yeux ouverts dans le noir, elle contemple le néant. Dans un dernier sursaut, elle repart, monte à l'assaut. Elle se prends, se reprends, se comble jusqu'au tréfonds.

    Epuisée enfin, gisant dans son rêve, ivre morte, cède, lâche prise, et sombre dans le sommeil. 

     

    Photo : http://misungui.tumblr.com/


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  • Histoire de vignes et de caniculeHumm ! Il fait délicieusement trop chaud. Le ciel est d’un bleu exagéré, pas un nuage. Je cuis. Je vais prendre un coup de soleil. J’aurais dû mettre de l’écran ce matin, mais chaque geste me mettait en nage, j’ai renoncé. Ce que j’aime me sentir écrasée de chaleur ! Ca me rend d’humeur lascive. Je n’ai qu’une envie, presser mon corps contre des muscles souples et fermes, une peau moite, lécher le sel au creux d’une clavicule…

    J’aime sentir mes muscles bouger, décomposer chaque mouvement. Mes sensations sont découplées par la chaleur et l’étouffement. J’effleure ma culotte de ma selle, elle monte et descend a l’intérieur de mes cuisses. Cette ballade à vélo, à l’heure la plus chaude, est à la fois un plaisir et une torture, il va falloir que je trouve un abri, pour quelques minutes, me reposer, boire un peu, me caresser et m’assoupir à l’ombre d’un arbre et rêver. Oui ! Quelle merveilleuse idée ! Je vais faire ça ! Allez hop ! Direction les vignes et les bosquets. Je vais bien trouver un peu d’ombre par là bas. Doucement ! Je suis déjà dégoulinante de sueur. Le prochain chemin semble s’enfoncer vers les arbres.

    J’espère que j’ai le droit de m’aventurer ici. Je n’ai pas envie de me faire disputer par un vieux vigneron bourru. Mince, une voiture ! Mais que fait cette BMW flambant neuve, au milieu des vignes ? C’est la bagnole du vigneron ou celle d’amants illicites venu baiser tranquilles ? Je passe comme si de rien n’était. Je vais même chantonner, le nez en l’air, tiens.

    - « Tu baguenaudes dans les pâturages, tu t'en vas te promener… »

    Non, je rêve ou ils baisent comme des salauds dans la voiture ! Oh la vache ça m’excite ! Qu’est ce que je fais ? Je ne peux pas laisser passer ça ! Non, allez sois folle ! Je contourne les arbres, je pose mon vélo et reviens en catimini. Oui, là, j’ai une vue imprenable, c’est parfait. Enfin presque, il y a plein d’orties.

     

    Je les vois sortir de la voiture. Pas mal ! Trois jolis quadras, bien foutus, athlétiques et dégoulinant de sueur. Tu penses, ils devaient mourir là dedans ! Pas assez de place pour garder tout fermé et mettre la clim.

    Le premier, un homme grand brun, mince. Jolie queue ! Belle érection malgré la chaleur. Le deuxième, moins grand, plus fort, plus puissant. Poivre et sel. Et quelle bite ! Large, bien recourbée, le gland fort et bien dessiné. Je sens ma vulve qui frétille ! Oh mais quelle chaleur, même à l’ombre. Je n’ai plus d’air.

    La femme, est très belle, comme je les aime, exactement ! Grande, fine, petits seins, cuisse longue, cul rond. Il y en a qui ont vraiment de la chance ! Aille, je crois que je me suis fait repérer. S’il vous plait s’il vous plait laissez moi regarder, ne me virez pas ! Non, en fait non, j’ai cru parce que le deuxième homme, poivre et sel, a souri dans ma direction, mais non. Il va vers la femme, lui attrape la bouche et lui roule un patin magistral. L’autre, le grand, se branle doucement en regardant. Putain de merde ce que ca m’excite ! Poivre et sel retourne la femme fermement ! Il n’y va pas de main morte ! Quelle brusquerie ! Elle pose ses deux mains sur la portière et les retire aussitôt : « Ouille ! ça brule ! ». Poivre et sel à l’air d’en avoir rien à foutre. Il l’écrase contre la voiture brulante. Elle gémi de plaisir. Il frotte son zob sur son cul, le long de la raie des fesses. Elle se cambre, recule, écarte les jambes, pour mieux s’offrir. Il attrape son gland d’une main ferme et l’enfonce... Oh ! Je crois qu’il l’encule ! J’adore ça. Ma mouille coule dans mon shorty. Accroupie, j’écarte les cuisses et je glisse deux doigts entre mes poils humides. Je suis trempée ! Mon ventre gronde. C’est fou l’effet que ça me fait de les mater en douce. Je suis vraiment une gourgandine ! Je me branle en le regardant lui pilonner le cul durement. J’ai envie de baiser, c’est terrible.

    Mais qu’est ce que je fais ? C’est du n’importe quoi, c’est pas très bien de jouer les voyeuses… mais je ne peux pas les quitter des yeux. Elle râle, ça a l’air d’être si bon ! Je voudrais être à sa place, ou avec eux, je pourrais la lécher pendant qu’il lui prend le cul… Le grand se rapproche, pose sa main sur la nuque de la femme et la tire à lui. Elle a les yeux fermés, la bouche grande ouverte, il y plonge sans ménagement et la baise. On dirait un chien en rut. Ca m’excite de plus en plus. J’adore cette bestialité. Il s’enfonce profondément, de longs filets de bave coulent de sa bouche. Ho et puis allez zut ! Je ne vois pas pourquoi je ne n’aurais pas ma part de plaisir. Je n’en peux plus. Quitte à être là, autant faire les choses correctement. Je ne peux pas me caresser comme ça. Mon short me gêne. Je l’enlève, le pose sur les herbes, m’agenouille dessus, m’enfonce deux doigts et me branle avec délice… Mince ! Il est où poivre et sel ?

     

    - Vous ne devriez pas rester là au milieu des orties, vous allez vous piquer !

    J’ai tellement sursauté en entendant sa voix, que j’en ai perdu l’équilibre et me suis effectivement piqué. « Ouille ! »

    - Je vous lavais dit !

     

    Il est là, devant moi, nu comme un ver, la bite au garde à vous à un mètre de ma bouche. Il me regarde, amusé, sur de lui. Il me tend la main. Je suis pétrifiée. Je ne sais pas si je dois avoir honte ou profiter de l’opportunité. Je me sens surtout très bête. Je peux difficilement jouer l’indignation, le cul nul et deux doigt dans la chatte. Pour la peine, c’est cette main là que je lui offre. Il l’a prend délicatement, la porte à ses lèvres, et me gobe le majeur et l’annulaire imprégnés de cyprine. Oh le cochon ! Ah tu veux jouer au blasé ! Hé bien on va être deux !

    - Vous ne me présentez pas vos amis ?

    - Si, bien sure ! Me répond il, affable.

    Il affiche toujours son air calme et dégagé. Il garde ma main et me tire vers lui d’un geste sec. Je suis surprise de sa manœuvre, perd l’équilibre, et me heurte contre son torse. De son autre bras il enserre ma taille et lâchant ma main, enfonce ses doigts dans ma fente et la secoue. L’effet est immédiat. Je ne tiens plus sur mes jambes, je gémi de plaisir. Je m’agrippe comme je peux à ses épaules brulantes. Alors que ma tête bascule, il me lèche la bouche avant de me mordre l’oreille. J’oublie que je ne connais absolument pas cet homme. J’oublie tout, je ne suis plus que sens, peau, muqueuse. Mon corps tout entier est bouleversé. J’abandonne toute pensée, toute retenue, peut être que si je lève mes jambes je resterai en suspens dans l’air. Quand il s’arrête et que je réouvre les yeux sur les siens satisfaits, je réalise la folie de la situation. Je veux me redresser, mais il me tient trop serré. Je suis prise soudain de panique. Qu’est ce que j’ai fait ? Je le regarde dans les yeux, l’implorant en silence de me lâcher. Ce qu’il fait à la seconde, ce que je regrette celle d’après.

    - Regardez ce que j’ai trouvé ! S’écrit il soudain, en me reprenant par le bras. Puis il me guide fermement jusqu’à ses amis. J’ai l’impression d’être une vilaine fille qui va se faire punir sur le champ. Je le regarde, putain ce qu’il est magnétique ! Il se dégage de lui une promesse de sexe et de luxure la plus alléchante que j’ai vue depuis des lustres ! Il faut qu’il me prenne, je veux être sa chienne. Qu’il se dépêche de me baiser, le salaud !

    Le couple est tourné vers nous, mains sur les hanches, tout sourire, pas gêné le moins du monde.

    - Jolie trouvaille ! Elle s’était perdue la petite garce ? Roucoule la femme.

    - C’est sa culotte qu’elle a perdu, on dirait, lui répond goguenard le grand. Poivre et sel me mène à eux. Et s’adressant à moi.

    - Je vous présente Pierre. Pierre, voici…

    Je ne m’attendais absolument pas à quelque chose d’aussi formel ! Je bafouille un prénom improbable, une sorte de cross over, entre mon vrai prénom et mon pseudo sur la toile.

    - Jeanna …

    - N’êtes vous pas la cycliste de tout à l’heure ? Je me racle la gorge.

    - Si, j’avoue.

    - Jeanna, je vous présente Charlotte. Charlotte, Jeanna.

    - Jeanna, c’est original. Ca vient d’où ? demande-t-elle faussement innocente. Je refuse de perdre le peu de fierté qu’il me reste et la regardant droit dans les yeux, d’un air lubrique :

    - Je vous dirai tout quand nous serons intimes.

    - Hmm, j’ai hâte ! Me répond elle en s’agenouillant devant moi. Elle me saisi les cuisses à pleine main et enfouie son visage au creux de mes poils. Je me laisse aller contre poivre et sel qui s’écrie :

    - Attends Charlotte ! Nous n’avons pas fini les présentations !

    - Excuses moi Mark, je pensais que c’était fait, dit elle en se redressant. Jeanna, je vous présente votre sauveur, Mark.

    - Pour vous servir.

    Et je n’ai pas le temps de répondre qu’elle m’enfourne sa langue pleine de mon jus dans la bouche. Elle embrasse fabuleusement bien. Je lui attrape un sein, presse délicatement le téton qui durcit entre mes doigts, pendant que de l’autre main, je lui agace le clitoris. Elle réagit immédiatement à la caresse en écartant les cuisses. Alors je plonge deux doigts et je lui administre le même traitement que celui que j’ai subi quelques minutes plus tôt. Elle semble autant apprécier que moi. Pierre vient se glisser derrière elle, lui soulève une jambe et lui glisse sa queue entre les fesses. Je la sens contre mes doigts au travers de la paroi vaginale. Putain ! Je me cambre, et frotte mon cul contre la verge dure de Mark.

    - Qu’est ce que tu attends pour m’enculer ?

    - Que tu me supplies de le faire. Me répond il en me tirant par les cheveux.

    - Encules moi, s’il te plait, encules moi !

    - Pourquoi est ce que je ferais ça ?

    - Parce que je suis une chienne !

    Je sens son gland frotter ma vulve. Il récupère ma mouille et doucement mais surement, m’enfonce son dard jusqu’aux couilles. Il va et vient lentement, je suis électrisée. Je m’ouvre complètement. Ma mouille dégouline sur mes cuisses en longs filets blanchâtres. Mes jambes flagellent, je m’agrippe à la chatte de Charlotte qui se resserre autour de mes doigts. Je sens les spasmes caractéristiques d’un orgasme profond. Elle dégouline sur ma main. J’ouvre les yeux, quel merveilleux spectacle que les rictus du plaisir ! Pierre la suit de prêt à grands coups de butoirs. Leurs râles m’excitent encore plus. Une fois remis de leurs émotions, Ils se rapprochent tous deux de moi. L’un me caresse les seins, l’autre le clito. Je ne sais plus ou donner de la tête. Je ne veux pas jouir maintenant, je veux en profiter encore un peu. Je me retiens avec difficulté. Je détourne le regard, pour ne plus les voir, dans l’espoir de me maitriser mieux, mais… je découvre un autre voyeur. Un jeune homme, à peine vingt cinq ans, le pantalon en bas des jambes, son manche dans la main. Je souris. Je n’ai jamais vécu un truc pareil auparavant, c’est absolument fantastique. Sur un signe de Mark, le môme s’approche.

    - Alors ! On ne t’attendait plus !

    - Oui, pardon, j’ai été retenu.

    Mark me susurre à l’oreille.

    - Ca te dirait qu’il te mette sa tige dans la chatte ?

    - Oh oui !

    - Tu as entendu ? Baises là !

    Charlotte et Pierre lui cèdent la place. Je regarde le jeune s’approcher. Il tremble d’excitation. Me relevant une jambe sur le côté, il m’enfonce sa longue queue fine. Je vacille, Mark me tient fermement debout. Je flotte entre deux corps virils. Il ne m’en faut pas plus pour jouir violemment. Le jeune ne peut pas se retenir plus longtemps. Nous convulsons quasi en même temps. Maintenant que j’ai joui, passons aux choses sérieuses. Je repousse le gamin, et quémande en hurlant :

    - Mark ! Plus fort, encule moi plus fort !

    Mark resserre sa prise sur mes hanches à m’en arracher la chair. Il me donne de grands coups de bite. Quelque chose cède en moi, je gicle en geyser. J’inonde autour de moi. Mark se lâche au fond de mon cul en saccades effrénées. Oh putain, quelle baise !

     

    Charlotte me tend une bouteille d’eau. Elle est un peu chaude, mais ça fait du bien quand même. Nous nous rhabillons en plaisantant. Le jeune homme nous propose de le suivre chez lui. C’est la maison, là bas. Il est vigneron… Enfin son père. Il nous propose une dégustation de vins. Je crois que la journée n’est pas finie.


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  • L'Homme derrière l'amantJ'ai perçu, au fond de son regard bleu de glace, une étincelle, quelque chose de chaud et de fragile. J'aurais voulu m'agenouiller, protéger cette lueur de mes mains, de mon coeur. Mais sitôt vue, sitôt disparue. Je l'ai attendue longtemps sans qu'elle ne revienne. Butant chaque jour contre des murs. Je me suis faite attente, je me suis faite patience, sans que ne reparaisse jamais ce soupçon d'imperfection, ce trésor de vie. Alors j'ai renoncé, alors j'ai décidé d'oublier cette illusion. Je ne prendrai que ce qu'il me donne, jamais ne réclamerai. J'ai refermé la porte sur cette part de moi, ce morceau de lui. Toutefois, je lui ai livré mon corps, sans retenue, sans fausse pudeur. Je me suis livrée toute entière, en me gardant toujours. J'ai ouvert mes bras à tout ce qu'il m'offrait en échange. Généreux nous ne manquions de rien.

    Et puis, ce matin là, je suis rentrée dans ma chambre, il était allongé sur mon lit. Je l'ai regardé, stoppée net, suffoquant de désir. Est-il beau ? Peut importe, je sais  ce que cet homme me donne. Je sais où ses mains, sa langue, ses lèvres sur ma peau me mènent. Je sais dans quel voyage, son corps entre mes cuisses, m'embarque chaque fois. Alors oui, j'ai suffoqué de désir. J'ai contemplé son corps nu, étendu sur mes draps et j'ai lu, sur son grain, les plaisirs à venir. Accrochée au chambranle pour ne pas tomber, j'ai fermé les yeux un instant, savourant par avance les plaisirs qui m'attendaient, mais au lieu de voir son torse cogner contre le mien, au lieu de sentir ses dents se refermer sur mon coup, comme une gifle, j'ai vu un l'éclair bleu, désarmant de simplicité et d'espièglerie. J'ai pris en plein, l'éclat de son regard pétillant, revu cette lueur brûlante et douce.

    Surprise, je me suis ébrouée. J'ai repris mon souffle, tenté de recouvrer le contrôle de moi même. J'ai rouverts les yeux pour fuir le souvenir de promesses auxquelles j'avais juré de ne plus croire. Et dans ma fuite éperdue, j'ai été fauchée par la beauté de son corps alangui. Son dos, un mur infranchissable qu'il m'oppose et auquel je ne cesse de m'agripper, toutes griffes dehors. Je tangue, je veux me jeter sur lui.  Mais il n'est pas de ceux qu'on assaille. Devant lui il faut se rendre, à ses pieds il faut se livrer.

    Non ! Tu sais ce qui t'attends si tu prête le flanc, si tu vois l'homme derrière l'amant. Reprend toi ! Ferme portes et fenêtres, affronte ton désir, coule toi contre lui. Offre ton corps en gage de guerre. Ferme ton coeur en gage de paix.

    Mes lèvres posées sur sa nuque glissent avec ma langue et dérapent. Je chancelle sur ses hanches, m'affale. Vif comme un fauve, il se redresse et fond sur moi. Je suis sa proie. Alors que j'attends le coup de grâce, livrée, rendue, il m'offre le feu et l'eau de ses yeux, se détourne de moi, ne laissant derrière lui que le vide et l'écho de mes espoirs.

     

    * photo : Homme nu couché à plat ventre, Allori Agnolo ; CARUCCI Jacopo Paris ; musée du Louvre département des Arts graphiques


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