• Seule au fond de la nuit, se laisser parcourir. Mélange doux amer de lasciveté et de solitude. Partir, partir encore, s’abstraire pour mieux ressentir, pour mieux vivre, au plus près de soi. Laisser couler, sur sa peau, la douceur, l’effleurement. Basculer sa tête, fermer les yeux, céder à l’envie.

    La voilà au fond de son lit. Enfin seule, et trop seule, une main sur un sein, l’autre abandonnée sur son ventre, hésitante, agacée. Les yeux fermés dans le noir, entre raison et songe, entre retenue et chimère. Des images, des flashs, des fulgurances la percutent et la bousculent. Elle se cambre, s’agrippe pour ne pas basculer. Un souffle à son oreille, un murmure, une idée, une envie, elle se détourne, tente de s'échapper. Elle se retourne sur le ventre, d’autres caresses se proposent à son esprit échauffé. Une main entre cuisse et hanche la soulève. Elle se cambre à l’extrême, attends, suspendue, se laisse choir, inassouvie, irritée. Elle se retourne encore, s’écarte et se referme sur l’intolérable vide. Elle se recroqueville, se couche sur le côté, haletante. Elle rentre en elle même, sa main aussi.

    « Han ! » Premier son depuis les soupirs. Elle s’ouvre à nouveau, s’offre à elle même, s’agite avec frénésie, geint, se crispe, se calme, reprend son souffle et repart de plus belle. Une fois, dix fois, les images se précipitent et se bousculent. Des mains, mille mains parcourent son corps, des odeurs, des bruits, la douceur, et la force, l’étreinte qui la possède et la submerge. Elle se bat avec et contre elle même, seule jusqu’à l’épuisement.

    Elle ne peut, veut pas s’arrêter, c’est une folle danse qui s’empare d’elle, la maintient sur le fil, enragée, frustrée, courant après la promesse de sa libération prochaine, l’explosion de ses chaines. Soubresauts, cris, râles, elle gesticule, se redresse regarde le vide dans les yeux, et s’affale sur sa couche, soulagée et insatisfaite.

    Sa peau déserte appelle encore, sa bouche humide appelle encore, ses seins, son cul, son corps vide hurle encore.

     Elle s’écoule doucement. Les yeux ouverts dans le noir, elle contemple le néant. Dans un dernier sursaut, elle repart, monte à l'assaut. Elle se prends, se reprends, se comble jusqu'au tréfonds.

    Epuisée enfin, gisant dans son rêve, ivre morte, cède, lâche prise, et sombre dans le sommeil. 

     

    Photo : http://misungui.tumblr.com/


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  • Histoire de vignes et de caniculeHumm ! Il fait délicieusement trop chaud. Le ciel est d’un bleu exagéré, pas un nuage. Je cuis. Je vais prendre un coup de soleil. J’aurais dû mettre de l’écran ce matin, mais chaque geste me mettait en nage, j’ai renoncé. Ce que j’aime me sentir écrasée de chaleur ! Ca me rend d’humeur lascive. Je n’ai qu’une envie, presser mon corps contre des muscles souples et fermes, une peau moite, lécher le sel au creux d’une clavicule…

    J’aime sentir mes muscles bouger, décomposer chaque mouvement. Mes sensations sont découplées par la chaleur et l’étouffement. J’effleure ma culotte de ma selle, elle monte et descend a l’intérieur de mes cuisses. Cette ballade à vélo, à l’heure la plus chaude, est à la fois un plaisir et une torture, il va falloir que je trouve un abri, pour quelques minutes, me reposer, boire un peu, me caresser et m’assoupir à l’ombre d’un arbre et rêver. Oui ! Quelle merveilleuse idée ! Je vais faire ça ! Allez hop ! Direction les vignes et les bosquets. Je vais bien trouver un peu d’ombre par là bas. Doucement ! Je suis déjà dégoulinante de sueur. Le prochain chemin semble s’enfoncer vers les arbres.

    J’espère que j’ai le droit de m’aventurer ici. Je n’ai pas envie de me faire disputer par un vieux vigneron bourru. Mince, une voiture ! Mais que fait cette BMW flambant neuve, au milieu des vignes ? C’est la bagnole du vigneron ou celle d’amants illicites venu baiser tranquilles ? Je passe comme si de rien n’était. Je vais même chantonner, le nez en l’air, tiens.

    - « Tu baguenaudes dans les pâturages, tu t'en vas te promener… »

    Non, je rêve ou ils baisent comme des salauds dans la voiture ! Oh la vache ça m’excite ! Qu’est ce que je fais ? Je ne peux pas laisser passer ça ! Non, allez sois folle ! Je contourne les arbres, je pose mon vélo et reviens en catimini. Oui, là, j’ai une vue imprenable, c’est parfait. Enfin presque, il y a plein d’orties.

     

    Je les vois sortir de la voiture. Pas mal ! Trois jolis quadras, bien foutus, athlétiques et dégoulinant de sueur. Tu penses, ils devaient mourir là dedans ! Pas assez de place pour garder tout fermé et mettre la clim.

    Le premier, un homme grand brun, mince. Jolie queue ! Belle érection malgré la chaleur. Le deuxième, moins grand, plus fort, plus puissant. Poivre et sel. Et quelle bite ! Large, bien recourbée, le gland fort et bien dessiné. Je sens ma vulve qui frétille ! Oh mais quelle chaleur, même à l’ombre. Je n’ai plus d’air.

    La femme, est très belle, comme je les aime, exactement ! Grande, fine, petits seins, cuisse longue, cul rond. Il y en a qui ont vraiment de la chance ! Aille, je crois que je me suis fait repérer. S’il vous plait s’il vous plait laissez moi regarder, ne me virez pas ! Non, en fait non, j’ai cru parce que le deuxième homme, poivre et sel, a souri dans ma direction, mais non. Il va vers la femme, lui attrape la bouche et lui roule un patin magistral. L’autre, le grand, se branle doucement en regardant. Putain de merde ce que ca m’excite ! Poivre et sel retourne la femme fermement ! Il n’y va pas de main morte ! Quelle brusquerie ! Elle pose ses deux mains sur la portière et les retire aussitôt : « Ouille ! ça brule ! ». Poivre et sel à l’air d’en avoir rien à foutre. Il l’écrase contre la voiture brulante. Elle gémi de plaisir. Il frotte son zob sur son cul, le long de la raie des fesses. Elle se cambre, recule, écarte les jambes, pour mieux s’offrir. Il attrape son gland d’une main ferme et l’enfonce... Oh ! Je crois qu’il l’encule ! J’adore ça. Ma mouille coule dans mon shorty. Accroupie, j’écarte les cuisses et je glisse deux doigts entre mes poils humides. Je suis trempée ! Mon ventre gronde. C’est fou l’effet que ça me fait de les mater en douce. Je suis vraiment une gourgandine ! Je me branle en le regardant lui pilonner le cul durement. J’ai envie de baiser, c’est terrible.

    Mais qu’est ce que je fais ? C’est du n’importe quoi, c’est pas très bien de jouer les voyeuses… mais je ne peux pas les quitter des yeux. Elle râle, ça a l’air d’être si bon ! Je voudrais être à sa place, ou avec eux, je pourrais la lécher pendant qu’il lui prend le cul… Le grand se rapproche, pose sa main sur la nuque de la femme et la tire à lui. Elle a les yeux fermés, la bouche grande ouverte, il y plonge sans ménagement et la baise. On dirait un chien en rut. Ca m’excite de plus en plus. J’adore cette bestialité. Il s’enfonce profondément, de longs filets de bave coulent de sa bouche. Ho et puis allez zut ! Je ne vois pas pourquoi je ne n’aurais pas ma part de plaisir. Je n’en peux plus. Quitte à être là, autant faire les choses correctement. Je ne peux pas me caresser comme ça. Mon short me gêne. Je l’enlève, le pose sur les herbes, m’agenouille dessus, m’enfonce deux doigts et me branle avec délice… Mince ! Il est où poivre et sel ?

     

    - Vous ne devriez pas rester là au milieu des orties, vous allez vous piquer !

    J’ai tellement sursauté en entendant sa voix, que j’en ai perdu l’équilibre et me suis effectivement piqué. « Ouille ! »

    - Je vous lavais dit !

     

    Il est là, devant moi, nu comme un ver, la bite au garde à vous à un mètre de ma bouche. Il me regarde, amusé, sur de lui. Il me tend la main. Je suis pétrifiée. Je ne sais pas si je dois avoir honte ou profiter de l’opportunité. Je me sens surtout très bête. Je peux difficilement jouer l’indignation, le cul nul et deux doigt dans la chatte. Pour la peine, c’est cette main là que je lui offre. Il l’a prend délicatement, la porte à ses lèvres, et me gobe le majeur et l’annulaire imprégnés de cyprine. Oh le cochon ! Ah tu veux jouer au blasé ! Hé bien on va être deux !

    - Vous ne me présentez pas vos amis ?

    - Si, bien sure ! Me répond il, affable.

    Il affiche toujours son air calme et dégagé. Il garde ma main et me tire vers lui d’un geste sec. Je suis surprise de sa manœuvre, perd l’équilibre, et me heurte contre son torse. De son autre bras il enserre ma taille et lâchant ma main, enfonce ses doigts dans ma fente et la secoue. L’effet est immédiat. Je ne tiens plus sur mes jambes, je gémi de plaisir. Je m’agrippe comme je peux à ses épaules brulantes. Alors que ma tête bascule, il me lèche la bouche avant de me mordre l’oreille. J’oublie que je ne connais absolument pas cet homme. J’oublie tout, je ne suis plus que sens, peau, muqueuse. Mon corps tout entier est bouleversé. J’abandonne toute pensée, toute retenue, peut être que si je lève mes jambes je resterai en suspens dans l’air. Quand il s’arrête et que je réouvre les yeux sur les siens satisfaits, je réalise la folie de la situation. Je veux me redresser, mais il me tient trop serré. Je suis prise soudain de panique. Qu’est ce que j’ai fait ? Je le regarde dans les yeux, l’implorant en silence de me lâcher. Ce qu’il fait à la seconde, ce que je regrette celle d’après.

    - Regardez ce que j’ai trouvé ! S’écrit il soudain, en me reprenant par le bras. Puis il me guide fermement jusqu’à ses amis. J’ai l’impression d’être une vilaine fille qui va se faire punir sur le champ. Je le regarde, putain ce qu’il est magnétique ! Il se dégage de lui une promesse de sexe et de luxure la plus alléchante que j’ai vue depuis des lustres ! Il faut qu’il me prenne, je veux être sa chienne. Qu’il se dépêche de me baiser, le salaud !

    Le couple est tourné vers nous, mains sur les hanches, tout sourire, pas gêné le moins du monde.

    - Jolie trouvaille ! Elle s’était perdue la petite garce ? Roucoule la femme.

    - C’est sa culotte qu’elle a perdu, on dirait, lui répond goguenard le grand. Poivre et sel me mène à eux. Et s’adressant à moi.

    - Je vous présente Pierre. Pierre, voici…

    Je ne m’attendais absolument pas à quelque chose d’aussi formel ! Je bafouille un prénom improbable, une sorte de cross over, entre mon vrai prénom et mon pseudo sur la toile.

    - Jeanna …

    - N’êtes vous pas la cycliste de tout à l’heure ? Je me racle la gorge.

    - Si, j’avoue.

    - Jeanna, je vous présente Charlotte. Charlotte, Jeanna.

    - Jeanna, c’est original. Ca vient d’où ? demande-t-elle faussement innocente. Je refuse de perdre le peu de fierté qu’il me reste et la regardant droit dans les yeux, d’un air lubrique :

    - Je vous dirai tout quand nous serons intimes.

    - Hmm, j’ai hâte ! Me répond elle en s’agenouillant devant moi. Elle me saisi les cuisses à pleine main et enfouie son visage au creux de mes poils. Je me laisse aller contre poivre et sel qui s’écrie :

    - Attends Charlotte ! Nous n’avons pas fini les présentations !

    - Excuses moi Mark, je pensais que c’était fait, dit elle en se redressant. Jeanna, je vous présente votre sauveur, Mark.

    - Pour vous servir.

    Et je n’ai pas le temps de répondre qu’elle m’enfourne sa langue pleine de mon jus dans la bouche. Elle embrasse fabuleusement bien. Je lui attrape un sein, presse délicatement le téton qui durcit entre mes doigts, pendant que de l’autre main, je lui agace le clitoris. Elle réagit immédiatement à la caresse en écartant les cuisses. Alors je plonge deux doigts et je lui administre le même traitement que celui que j’ai subi quelques minutes plus tôt. Elle semble autant apprécier que moi. Pierre vient se glisser derrière elle, lui soulève une jambe et lui glisse sa queue entre les fesses. Je la sens contre mes doigts au travers de la paroi vaginale. Putain ! Je me cambre, et frotte mon cul contre la verge dure de Mark.

    - Qu’est ce que tu attends pour m’enculer ?

    - Que tu me supplies de le faire. Me répond il en me tirant par les cheveux.

    - Encules moi, s’il te plait, encules moi !

    - Pourquoi est ce que je ferais ça ?

    - Parce que je suis une chienne !

    Je sens son gland frotter ma vulve. Il récupère ma mouille et doucement mais surement, m’enfonce son dard jusqu’aux couilles. Il va et vient lentement, je suis électrisée. Je m’ouvre complètement. Ma mouille dégouline sur mes cuisses en longs filets blanchâtres. Mes jambes flagellent, je m’agrippe à la chatte de Charlotte qui se resserre autour de mes doigts. Je sens les spasmes caractéristiques d’un orgasme profond. Elle dégouline sur ma main. J’ouvre les yeux, quel merveilleux spectacle que les rictus du plaisir ! Pierre la suit de prêt à grands coups de butoirs. Leurs râles m’excitent encore plus. Une fois remis de leurs émotions, Ils se rapprochent tous deux de moi. L’un me caresse les seins, l’autre le clito. Je ne sais plus ou donner de la tête. Je ne veux pas jouir maintenant, je veux en profiter encore un peu. Je me retiens avec difficulté. Je détourne le regard, pour ne plus les voir, dans l’espoir de me maitriser mieux, mais… je découvre un autre voyeur. Un jeune homme, à peine vingt cinq ans, le pantalon en bas des jambes, son manche dans la main. Je souris. Je n’ai jamais vécu un truc pareil auparavant, c’est absolument fantastique. Sur un signe de Mark, le môme s’approche.

    - Alors ! On ne t’attendait plus !

    - Oui, pardon, j’ai été retenu.

    Mark me susurre à l’oreille.

    - Ca te dirait qu’il te mette sa tige dans la chatte ?

    - Oh oui !

    - Tu as entendu ? Baises là !

    Charlotte et Pierre lui cèdent la place. Je regarde le jeune s’approcher. Il tremble d’excitation. Me relevant une jambe sur le côté, il m’enfonce sa longue queue fine. Je vacille, Mark me tient fermement debout. Je flotte entre deux corps virils. Il ne m’en faut pas plus pour jouir violemment. Le jeune ne peut pas se retenir plus longtemps. Nous convulsons quasi en même temps. Maintenant que j’ai joui, passons aux choses sérieuses. Je repousse le gamin, et quémande en hurlant :

    - Mark ! Plus fort, encule moi plus fort !

    Mark resserre sa prise sur mes hanches à m’en arracher la chair. Il me donne de grands coups de bite. Quelque chose cède en moi, je gicle en geyser. J’inonde autour de moi. Mark se lâche au fond de mon cul en saccades effrénées. Oh putain, quelle baise !

     

    Charlotte me tend une bouteille d’eau. Elle est un peu chaude, mais ça fait du bien quand même. Nous nous rhabillons en plaisantant. Le jeune homme nous propose de le suivre chez lui. C’est la maison, là bas. Il est vigneron… Enfin son père. Il nous propose une dégustation de vins. Je crois que la journée n’est pas finie.


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  • L'Homme derrière l'amantJ'ai perçu, au fond de son regard bleu de glace, une étincelle, quelque chose de chaud et de fragile. J'aurais voulu m'agenouiller, protéger cette lueur de mes mains, de mon coeur. Mais sitôt vue, sitôt disparue. Je l'ai attendue longtemps sans qu'elle ne revienne. Butant chaque jour contre des murs. Je me suis faite attente, je me suis faite patience, sans que ne reparaisse jamais ce soupçon d'imperfection, ce trésor de vie. Alors j'ai renoncé, alors j'ai décidé d'oublier cette illusion. Je ne prendrai que ce qu'il me donne, jamais ne réclamerai. J'ai refermé la porte sur cette part de moi, ce morceau de lui. Toutefois, je lui ai livré mon corps, sans retenue, sans fausse pudeur. Je me suis livrée toute entière, en me gardant toujours. J'ai ouvert mes bras à tout ce qu'il m'offrait en échange. Généreux nous ne manquions de rien.

    Et puis, ce matin là, je suis rentrée dans ma chambre, il était allongé sur mon lit. Je l'ai regardé, stoppée net, suffoquant de désir. Est-il beau ? Peut importe, je sais  ce que cet homme me donne. Je sais où ses mains, sa langue, ses lèvres sur ma peau me mènent. Je sais dans quel voyage, son corps entre mes cuisses, m'embarque chaque fois. Alors oui, j'ai suffoqué de désir. J'ai contemplé son corps nu, étendu sur mes draps et j'ai lu, sur son grain, les plaisirs à venir. Accrochée au chambranle pour ne pas tomber, j'ai fermé les yeux un instant, savourant par avance les plaisirs qui m'attendaient, mais au lieu de voir son torse cogner contre le mien, au lieu de sentir ses dents se refermer sur mon coup, comme une gifle, j'ai vu un l'éclair bleu, désarmant de simplicité et d'espièglerie. J'ai pris en plein, l'éclat de son regard pétillant, revu cette lueur brûlante et douce.

    Surprise, je me suis ébrouée. J'ai repris mon souffle, tenté de recouvrer le contrôle de moi même. J'ai rouverts les yeux pour fuir le souvenir de promesses auxquelles j'avais juré de ne plus croire. Et dans ma fuite éperdue, j'ai été fauchée par la beauté de son corps alangui. Son dos, un mur infranchissable qu'il m'oppose et auquel je ne cesse de m'agripper, toutes griffes dehors. Je tangue, je veux me jeter sur lui.  Mais il n'est pas de ceux qu'on assaille. Devant lui il faut se rendre, à ses pieds il faut se livrer.

    Non ! Tu sais ce qui t'attends si tu prête le flanc, si tu vois l'homme derrière l'amant. Reprend toi ! Ferme portes et fenêtres, affronte ton désir, coule toi contre lui. Offre ton corps en gage de guerre. Ferme ton coeur en gage de paix.

    Mes lèvres posées sur sa nuque glissent avec ma langue et dérapent. Je chancelle sur ses hanches, m'affale. Vif comme un fauve, il se redresse et fond sur moi. Je suis sa proie. Alors que j'attends le coup de grâce, livrée, rendue, il m'offre le feu et l'eau de ses yeux, se détourne de moi, ne laissant derrière lui que le vide et l'écho de mes espoirs.

     

    * photo : Homme nu couché à plat ventre, Allori Agnolo ; CARUCCI Jacopo Paris ; musée du Louvre département des Arts graphiques


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  • AbsenceIl n’est pas là, je ferme les yeux, je pourrais décrire millimètre par millimètre son corps, sa peau, ses muscles. Les petites imperfections qu’il déteste, celles que j’affectionne. Que je le veuille ou non, yeux ouverts, yeux fermés, il s’invite à mes côtés. Que je dorme ou que je veille, je sens son odeur, j’entends sa voix, dure, douce, légère ou grave, toutes ses inflexions me visitent à leurs grés. Ce n’est pas un fantôme, c’est un souvenir. De ceux qui vous font frémir, de ceux que vous adorez et détestez, de ceux qui vous envahissent, vous colonise et ne vous libèrent pas. Une seconde d’inattention et le voilà qui s’insinue, ou vous submerge. Alors que vous croyez gérer l’onde de choque, il vous renverse et vous emporte avec lui, vous laissant inassouvie aux prises avec une réalité dont vous ne voulez plus. Je l’attends et le crains. Je crains sa présence qui me brûle, son absence qui me consume.

     

    Je sens sa tête entre mes mains, sa bouche sur ma bouche, de ma langue je dessine le contour de ses lèvres. Du bout de mon nez je caresse son oreille, je glisse sur sa nuque. J’effleure du bout des doigts la rondeur de son épaule, le creux de ses reins. D’un coup de langue je goûte au creux de sa clavicule le sel de sa peau. J’aime à me frotter doucement le front sur sa poitrine, l’enlacer doucement, alors que je meurs de le serrer à m’en briser les côtes. Je couche mon oreille, j’entends le battement de son cœur, lent et régulier, il m’apaise. Et son ventre ! Il me bouleverse tant ! C’est là que se noue toutes choses. Puissance et tendresse, violence et douceur, son ventre, ses reins, ses fesses dans mes mains, je le dévore. Je l’incorpore. Je me mêle à lui, de lui, je nous confonds. Quand la tempête se calme, je m’échoue contre lui, goûtant du bout de ma langue les goutes de nos sueurs mélangées.

     

    J’ouvre les yeux, les draps secs et déserts se moquent de moi. Aucun pli humide, aucun creux pour me parler de lui. Il n’y a que le désert de ma couche, l’inanité de mes désirs. Je lui tourne le dos. Je fixe le vide, son absence entre mes omoplates. Je ferme les yeux, il est absent. Je rouvre les yeux, il est absent. Je ferme les yeux, encore, m’enfuis et plonge. Je le rejoins en apesanteur.


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  • (Première partie)

    Vacances pluvieuses… Quel temps de chien ! Elle sait bien qu’en Alsace début mai, ce n’est pas nécessairement le soleil qu’il faut attendre, mais quand même ! Il pleut, il fait froid et humide. Elle avait espéré quelques escapades bucoliques, elle va devoir renoncer. Enfin, elle est venue rejoindre son amant, on fait aussi bien l’amour au chaud dans un lit que dans les champs au soleil. Certains préfèrent le confort de la chambre à coucher, en toutes occasions, elle préfère l’amant.

    Elias a un rendez vous professionnel. Après tout, c’est elle qui est en vacances, pas lui. Il lui propose de l’accompagner, ils pourront ensuite se balader en ville. Pourquoi pas, elle ne connait pas Strasbourg.

    Ils sont en avance. Elias téléphone au client, au cas où… Comme celui-ci ne répond pas, ils vont boire un café. Debout au comptoir, elle écoute, amusée, les conversations alentours. Les bobos, les jacasses et les soulards sont à peu près les mêmes partout, il n’y a que l’accent qui change. Le client a rappelé, ils sont attendus. Elle suit Elias dans un dédale de rues étroites sous une pluie battante. Elle saute de pavés en pavés tachant d’éviter les flaques qui se sont formées ça et là. Ca lui rappelle sont enfance, quand elle faisait exactement le contraire. Ils passent une porte cochère, au fond de la cour étroite, c’est la porte blanche. Elle est légèrement mal à l’aise, il y a des travaux, c’est un peu triste et moche, pas très accueillant. Ont ils rendez-vous dans des bureaux ou un appartement. Ils ne savent pas encore.

    En haut des trois étages, c’est dans un petit appartement en sous pente que le client les reçoit. Elle se dit maintenant qu’elle aurait préféré que le rendez vous ait lieu dans un café, comme prévu au départ. Elle se sent soudain gênée de débarquer comme ça. Elle dit bonjour, timidement. Elias la débarrasse de son manteau, de son sac à main, lui demande de quitter ses chaussures. Elle est surprise par son attitude directive. Elle le trouve un peu cavalier.

    Il la prend par la taille, fait les présentations. Elle sourit. Elle veux bien jouer le rôle de « la compagne », se coule contre lui. « Jérémy, Camille, Camille, Jérémy. » C’est un jeune homme de 25 ans, taille moyenne, fin, peau caramel cheveux bruns. Alors qu’elle s’apprête à tendre la main, Elias lui soulève le pull jusqu’au dessus des seins, nus. Elles est abasourdie, choquée, pas pour elle, mais pour le jeune homme. Comment peut il se permettre de faire une chose pareille, devant un client ... Elle regarde Elias, bouche bée. Complètement sidérée par son culot. C’est extravagant et elle doit bien l’avouer, amusant.

    Mais elle a tort de s’en faire pour Jérémy, le voilà qui se précipite sur ses seins et les embrasses à pleine bouche. Elle comprend alors. Elle voulait deux hommes, rien que  pour elle, elle est exhaussée ! Reconnaissante, elle se tourne vers Elias tout sourire, l’embrasse à pleine bouche, mord ses lèvres. Il la lèche en retour. Ils se dévorent mutuellement, échangent leur salive, fluide, abondante. Elle voudrait s’en recouvrir, y baigner son corps tout entier.

    Elle sursaute, Jérémy lui lèche les pieds avec application. Sa langue glisse entre les orteils, ses lèvres les happent doucement, il les suce, les aspire... Elle frémit, divine caresse. L’excitation gronde au creux de son ventre, de légers picotements lui parcourent l’échine, de délicieux frissons remontent le long de sa nuque. Elias lui baisse son pantalon, elle le laisse faire, dans une totale confiance. Tout ce qu’il lui proposera, lui plaira, elle le sait.

    Deux mains tremblantes s’emparent des fesses de Camille, les caressent, les palpent, les écartent, Jérémy, toujours à genoux, y enfouit son visage. Elle embrasse encore plus fougueusement son amant qui dans un demi sourire satisfait contrôle d’une main entre ses cuisses l’effet de sa surprise. Il peut être content, elle, elle l’est, ça ne fait aucun doute.

    Elias achève de déshabiller Camille et encourage Jérémy à en faire autant. Elle s’agenouille devant le jeune homme ravi de la tournure des événements. Elle se  délecte de son enthousiasme. Il bouillonne, elle doit faire attention et le conduire avec adresse si elle ne veut pas le perdre trop tôt. Elle aime bien avoir ce pouvoir sur un homme. Une pression trop forte, un geste trop rapide, et voilà que c’est la fin. Mais elle sait jouer du désir et de la frustration, jusqu’à la libération, qu’elle accordera, ou pas. Elle s’amuse de son manque de contrôle. Alternant les rythmes et les caresses elle le mène au bord et l’abandonne aussitôt. Le jeune homme lui appartient. Elias nu comme un vers, les rejoint. Elle passe de l’un à l’autre, comme on compare deux vins, chacun ses particularités, chacun son style. Elle les déguste avec soin. C’est un fantasme courant, paraît il, qui ne la préoccupait guerre. Inconsciente ! Quel plaisir de sentir leur queue palpiter sous ses doigts, sa langue, ses lèvres. Elias, Jérémy, Jérémy, Elias, elle sais qu’elle recommencera.

    Elias, en maitre de cérémonie, rythme leurs jeux, il la conduit sur le lit, où il l’expose comme une œuvre d’art. Elle joue le jeu et prend la pose. D’un coup d’œil elle s’assure que le jeune homme n’a rien perdu de son ardeur. Devant un tel spectacle, il ne peut que s’agenouiller et plonger à nouveau. Elias observe la scène avec attention. Il veille à tout, il veille sur elle.

    Elle l’attire à elle, le prend dans sa bouche. Elle ne dirait pas qu’elle n’a jamais eu envie de le croquer, mais jusqu’ici, elle a su se retenir.

    Elias propose à Jérémy de s’allonger près d’eux. Étendu sur le lit, il a quelque chose de juvénile assez troublant. Une tête d’homme, un corps de gamin, une queue droite et bien faite qu’elle prend entre ses pieds. Son regard est sérieux, fixé sur ses orteils qui vont et viennent. Camille observe avec délice ses grimaces et ses rictus, s’amuse à les provoquer.

    Se souvenant d’un souhait d’Elias, elle décide de le lui offrir. Se plaçant à califourchon au dessus de Jérémy, elle lui prend le membre pour le frotter délicatement contre sa chatte humide. Dix fois il croit qu’il va la pénétrer, dix fois déçu, il espère encore. Elle regarde Elias, lui sourit, complice.

    Il l’attire à lui, la prend sans façon. Ils se connaissent bien, elle ne cesse de s’en réjouir. Le garçon écarquille les yeux, sage et impatient. Elias lui propose de venir prendre sa place. Mais est-ce l’émotion, il perd toute vigueur. Il s’acharne, elle lui porte secours, rien n’y fait, c’est la panne. Elias, voulant le rassurer ne fait que le vexer. Camille tente encore de le ranimer, sans obtenir de résultat probant. Elle reprend sa position au dessus de lui, le prend en main, le recoiffe, le dirige en elle. Elle bascule son bassin au rythme de ses envies, espère que sa chaleur lui redonne vitalité.

    Elias se colle à elle, la penche et, l’encule doucement. Elle s’abandonne, ses frissons sont une onde de choque qui envahit tout son corps, en vagues successives. Camille ferme les yeux tous les sens asservis.

    Jérémy  déclare forfait. Elias se retire. Camille compatit, Le jeune homme doit se sentir mortifié, mais elle est déçue, elle en avait tellement envie ! Elle ne peut pas en rester là, elle bouillonne, a besoin d’être prise. Elle s’offre à Elias, qui la prend sans ménagement. A côté, le galopin,  fasciné a soudain retrouvé toute son ardeur.

    « - Tu peux jouir sur Camille, elle aime ça assure Elias à Jérémy.

    - C’est vrai ? demande-t-il transporté. »

    Elle a envie de rire, on dirait un gosse à qui on a autorisé une poignée de bonbons.

    Le voilà, frénétique qui tremble de tout son corps, vibre et enfin, pris de soubresauts, se libère sur elle. Comme c’est joli ! Un spectacle dont elle ne se lasse pas. Le corps qui ondule, la peau qui frémît, les spasmes et les rictus, c’est enivrant, pour peu que ce soit sincère. Il n’y a rien de plus ennuyeux et pénible que les grimaces des comédiens de pornos que les libertins de pacotille, déguisés en putes bon marché, s’escriment maladroitement à reproduire. C’est à dégoûter du sexe. Non, faut pas exagérer !!!

    Jérémy est bienheureux, et même si Elias et Camille n’ont pas eu d’orgasme, ils ont pris du plaisir. Ils prennent congé, promettent de le revoir à l’occasion.

    Camille et Elias repartent, bras dessus, bras dessous sous la pluie qui n’a pas cessé. Ils ont faim, s’arrêtent manger des Bagel’s. Ils plaisantent, légers, détendus. Elle le regarde, touchée de cette attention qu’il a eu pour elle. Il a certainement passé du temps à lui concocter cette surprise et à chaque instant où ils étaient là haut, il a été attentif à tout. Elle a pu se laisser aller en toute quiétude, en toute sécurité, elle sait qu’il veille sur elle. Merci Elias. Elle se souviendra de cet après midi. Et puis si elle oublie des détails, elle aura les images, Elias a filmé.


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