• Vacances pluvieuses

    (Première partie)

    Vacances pluvieuses… Quel temps de chien ! Elle sait bien qu’en Alsace début mai, ce n’est pas nécessairement le soleil qu’il faut attendre, mais quand même ! Il pleut, il fait froid et humide. Elle avait espéré quelques escapades bucoliques, elle va devoir renoncer. Enfin, elle est venue rejoindre son amant, on fait aussi bien l’amour au chaud dans un lit que dans les champs au soleil. Certains préfèrent le confort de la chambre à coucher, en toutes occasions, elle préfère l’amant.

    Elias a un rendez vous professionnel. Après tout, c’est elle qui est en vacances, pas lui. Il lui propose de l’accompagner, ils pourront ensuite se balader en ville. Pourquoi pas, elle ne connait pas Strasbourg.

    Ils sont en avance. Elias téléphone au client, au cas où… Comme celui-ci ne répond pas, ils vont boire un café. Debout au comptoir, elle écoute, amusée, les conversations alentours. Les bobos, les jacasses et les soulards sont à peu près les mêmes partout, il n’y a que l’accent qui change. Le client a rappelé, ils sont attendus. Elle suit Elias dans un dédale de rues étroites sous une pluie battante. Elle saute de pavés en pavés tachant d’éviter les flaques qui se sont formées ça et là. Ca lui rappelle sont enfance, quand elle faisait exactement le contraire. Ils passent une porte cochère, au fond de la cour étroite, c’est la porte blanche. Elle est légèrement mal à l’aise, il y a des travaux, c’est un peu triste et moche, pas très accueillant. Ont ils rendez-vous dans des bureaux ou un appartement. Ils ne savent pas encore.

    En haut des trois étages, c’est dans un petit appartement en sous pente que le client les reçoit. Elle se dit maintenant qu’elle aurait préféré que le rendez vous ait lieu dans un café, comme prévu au départ. Elle se sent soudain gênée de débarquer comme ça. Elle dit bonjour, timidement. Elias la débarrasse de son manteau, de son sac à main, lui demande de quitter ses chaussures. Elle est surprise par son attitude directive. Elle le trouve un peu cavalier.

    Il la prend par la taille, fait les présentations. Elle sourit. Elle veux bien jouer le rôle de « la compagne », se coule contre lui. « Jérémy, Camille, Camille, Jérémy. » C’est un jeune homme de 25 ans, taille moyenne, fin, peau caramel cheveux bruns. Alors qu’elle s’apprête à tendre la main, Elias lui soulève le pull jusqu’au dessus des seins, nus. Elles est abasourdie, choquée, pas pour elle, mais pour le jeune homme. Comment peut il se permettre de faire une chose pareille, devant un client ... Elle regarde Elias, bouche bée. Complètement sidérée par son culot. C’est extravagant et elle doit bien l’avouer, amusant.

    Mais elle a tort de s’en faire pour Jérémy, le voilà qui se précipite sur ses seins et les embrasses à pleine bouche. Elle comprend alors. Elle voulait deux hommes, rien que  pour elle, elle est exhaussée ! Reconnaissante, elle se tourne vers Elias tout sourire, l’embrasse à pleine bouche, mord ses lèvres. Il la lèche en retour. Ils se dévorent mutuellement, échangent leur salive, fluide, abondante. Elle voudrait s’en recouvrir, y baigner son corps tout entier.

    Elle sursaute, Jérémy lui lèche les pieds avec application. Sa langue glisse entre les orteils, ses lèvres les happent doucement, il les suce, les aspire... Elle frémit, divine caresse. L’excitation gronde au creux de son ventre, de légers picotements lui parcourent l’échine, de délicieux frissons remontent le long de sa nuque. Elias lui baisse son pantalon, elle le laisse faire, dans une totale confiance. Tout ce qu’il lui proposera, lui plaira, elle le sait.

    Deux mains tremblantes s’emparent des fesses de Camille, les caressent, les palpent, les écartent, Jérémy, toujours à genoux, y enfouit son visage. Elle embrasse encore plus fougueusement son amant qui dans un demi sourire satisfait contrôle d’une main entre ses cuisses l’effet de sa surprise. Il peut être content, elle, elle l’est, ça ne fait aucun doute.

    Elias achève de déshabiller Camille et encourage Jérémy à en faire autant. Elle s’agenouille devant le jeune homme ravi de la tournure des événements. Elle se  délecte de son enthousiasme. Il bouillonne, elle doit faire attention et le conduire avec adresse si elle ne veut pas le perdre trop tôt. Elle aime bien avoir ce pouvoir sur un homme. Une pression trop forte, un geste trop rapide, et voilà que c’est la fin. Mais elle sait jouer du désir et de la frustration, jusqu’à la libération, qu’elle accordera, ou pas. Elle s’amuse de son manque de contrôle. Alternant les rythmes et les caresses elle le mène au bord et l’abandonne aussitôt. Le jeune homme lui appartient. Elias nu comme un vers, les rejoint. Elle passe de l’un à l’autre, comme on compare deux vins, chacun ses particularités, chacun son style. Elle les déguste avec soin. C’est un fantasme courant, paraît il, qui ne la préoccupait guerre. Inconsciente ! Quel plaisir de sentir leur queue palpiter sous ses doigts, sa langue, ses lèvres. Elias, Jérémy, Jérémy, Elias, elle sais qu’elle recommencera.

    Elias, en maitre de cérémonie, rythme leurs jeux, il la conduit sur le lit, où il l’expose comme une œuvre d’art. Elle joue le jeu et prend la pose. D’un coup d’œil elle s’assure que le jeune homme n’a rien perdu de son ardeur. Devant un tel spectacle, il ne peut que s’agenouiller et plonger à nouveau. Elias observe la scène avec attention. Il veille à tout, il veille sur elle.

    Elle l’attire à elle, le prend dans sa bouche. Elle ne dirait pas qu’elle n’a jamais eu envie de le croquer, mais jusqu’ici, elle a su se retenir.

    Elias propose à Jérémy de s’allonger près d’eux. Étendu sur le lit, il a quelque chose de juvénile assez troublant. Une tête d’homme, un corps de gamin, une queue droite et bien faite qu’elle prend entre ses pieds. Son regard est sérieux, fixé sur ses orteils qui vont et viennent. Camille observe avec délice ses grimaces et ses rictus, s’amuse à les provoquer.

    Se souvenant d’un souhait d’Elias, elle décide de le lui offrir. Se plaçant à califourchon au dessus de Jérémy, elle lui prend le membre pour le frotter délicatement contre sa chatte humide. Dix fois il croit qu’il va la pénétrer, dix fois déçu, il espère encore. Elle regarde Elias, lui sourit, complice.

    Il l’attire à lui, la prend sans façon. Ils se connaissent bien, elle ne cesse de s’en réjouir. Le garçon écarquille les yeux, sage et impatient. Elias lui propose de venir prendre sa place. Mais est-ce l’émotion, il perd toute vigueur. Il s’acharne, elle lui porte secours, rien n’y fait, c’est la panne. Elias, voulant le rassurer ne fait que le vexer. Camille tente encore de le ranimer, sans obtenir de résultat probant. Elle reprend sa position au dessus de lui, le prend en main, le recoiffe, le dirige en elle. Elle bascule son bassin au rythme de ses envies, espère que sa chaleur lui redonne vitalité.

    Elias se colle à elle, la penche et, l’encule doucement. Elle s’abandonne, ses frissons sont une onde de choque qui envahit tout son corps, en vagues successives. Camille ferme les yeux tous les sens asservis.

    Jérémy  déclare forfait. Elias se retire. Camille compatit, Le jeune homme doit se sentir mortifié, mais elle est déçue, elle en avait tellement envie ! Elle ne peut pas en rester là, elle bouillonne, a besoin d’être prise. Elle s’offre à Elias, qui la prend sans ménagement. A côté, le galopin,  fasciné a soudain retrouvé toute son ardeur.

    « - Tu peux jouir sur Camille, elle aime ça assure Elias à Jérémy.

    - C’est vrai ? demande-t-il transporté. »

    Elle a envie de rire, on dirait un gosse à qui on a autorisé une poignée de bonbons.

    Le voilà, frénétique qui tremble de tout son corps, vibre et enfin, pris de soubresauts, se libère sur elle. Comme c’est joli ! Un spectacle dont elle ne se lasse pas. Le corps qui ondule, la peau qui frémît, les spasmes et les rictus, c’est enivrant, pour peu que ce soit sincère. Il n’y a rien de plus ennuyeux et pénible que les grimaces des comédiens de pornos que les libertins de pacotille, déguisés en putes bon marché, s’escriment maladroitement à reproduire. C’est à dégoûter du sexe. Non, faut pas exagérer !!!

    Jérémy est bienheureux, et même si Elias et Camille n’ont pas eu d’orgasme, ils ont pris du plaisir. Ils prennent congé, promettent de le revoir à l’occasion.

    Camille et Elias repartent, bras dessus, bras dessous sous la pluie qui n’a pas cessé. Ils ont faim, s’arrêtent manger des Bagel’s. Ils plaisantent, légers, détendus. Elle le regarde, touchée de cette attention qu’il a eu pour elle. Il a certainement passé du temps à lui concocter cette surprise et à chaque instant où ils étaient là haut, il a été attentif à tout. Elle a pu se laisser aller en toute quiétude, en toute sécurité, elle sait qu’il veille sur elle. Merci Elias. Elle se souviendra de cet après midi. Et puis si elle oublie des détails, elle aura les images, Elias a filmé.


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  • Commentaires

    1
    le visiteur satisfai
    Mercredi 2 Juillet 2014 à 17:10

    Quel talent, j'adore vos textes!

    2
    Jeudi 3 Juillet 2014 à 12:31

    Merci :)

     

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